{"id":2,"date":"2016-10-22T01:52:38","date_gmt":"2016-10-22T01:52:38","guid":{"rendered":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/?page_id=2"},"modified":"2026-01-20T22:41:14","modified_gmt":"2026-01-20T22:41:14","slug":"sample-page","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/sample-page\/","title":{"rendered":"po\u00ef\u00e9litic attitudes"},"content":{"rendered":"\n<h2><br><div class=\"gtranslate_wrapper\" id=\"gt-wrapper-42617992\"><\/div><br><\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2>Agir en ne faisant voluptueusement rien, r\u00e8gle du jeu<\/h2>\n\n\n\n<p>Lors des \u201cencieros\u201d de Saint-R\u00e9my de Provence dans les ann\u00e9es 80, les plus jeunes, les \u00abattrapa\u00efres\u00bb couraient derri\u00e8re le taureau \u00e0 la corde pour tenter de l\u2019immobiliser. D\u2019autres habitants du village, plus madr\u00e9s et de conditions sociales tr\u00e8s diverses, agglutin\u00e9s sur un massif de fleurs au milieu du carrefour de l\u2019\u00e9glise, faisaient les \u201cstatues\u201d. Les b\u00eates \u00e9taient cens\u00e9es nous confondre avec le d\u00e9cor et nous ignorer. Il arrivait que le toro se cale en fulminant face au groupe pour en tester la fixit\u00e9&#8230; L\u2019art de faire l\u2019arbre mort se transformait alors en bravade initiatique. L\u2019immobilit\u00e9 sans faille du bloc improvis\u00e9 assurait sans doute sa survie, mais le moindre geste incontr\u00f4l\u00e9 d\u2019un \u00e9l\u00e9ment pris de panique conduisait assur\u00e9ment \u00e0 la folle d\u00e9bandade\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Jos\u00e9 Bergamin cite le cas de ce Tancredo  Lopez qui f\u00fbt le ma\u00eetre de la statuaire dans l&rsquo;ar\u00e8ne au d\u00e9but du XXeme  si\u00e8cle. V\u00eatu de blanc, juch\u00e9 sur un cube, il d\u00e9fiait le taureau dans une  parfaite immobilit\u00e9&nbsp; <br>. \u00ab\u00a0&#8230; ainsi devient-il une  incarnation visible et transcendante de la totalit\u00e9 de notre \u00eatre, face \u00e0  la vie, gr\u00e2ce \u00e0 la mort, face \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 du probable&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8230;&nbsp;&nbsp; Don  Tancredo n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un homme seul, non pas vide, mais  pleinement seul, face \u00e0 la mort, et en d\u00e9finitive, devant dieu&nbsp; &#8230;&nbsp;  autrement dit, le paradoxe d&rsquo;avoir trouv\u00e9 le secret du courage apparent  dans l&rsquo;immobilit\u00e9 m\u00eame de la grande peur, celle qui paralyse d&rsquo;effroi,  celle qui laisse la femme de Loth, terroris\u00e9e, chang\u00e9e en statue&nbsp; ..\u00a0\u00bb<br> Le sto\u00efcisme Tancrediste,&nbsp; forme de qui\u00e9tisme en quelque sorte,  une utopie dans laquelle les acteurs se confondent innocemment avec le d\u00e9cor.<br>Si les virus avaient seulement l&rsquo;intelligence d&rsquo;une vachette camarguaise, ils seraient leurr\u00e9s par le confinement. <br><br>JMP\/2020<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/cahiersd\/bertand_lit_beckett (1).mp3\"><\/audio><figcaption>Bertrand Hurault lit Samuel Beckett<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2><br>Tranche de vie graffiti en 328 mots \/ 1970-2021<\/h2>\n\n\n\n<p><br>\u201cJe suis le Chat qui s\u2019en va tout seul et tous lieux se valent pour moi\u201d proclame le matou de R.Kipling dans un livre pour les enfants. Ce \u201cready-made-cat of constant sorrow\u201d m&rsquo;invita \u00e0 sa suite.<br>Projet concret. Savoir faire de tout un peu pour se d\u00e9gager des d\u00e9pendances. Alors, j\u2019ai observ\u00e9 ardemment les gestes d\u00e9cisifs. Forgeron pour tordre le fer, ma\u00e7on tailleur de pierres, garagiste rodeur de soupapes, projectionniste rembobineur de films, toubib mouleur de pl\u00e2tres. Et la soudure, la machine \u00e0 coudre, la grammaire avec un grand p\u00e8re, l\u2019art de d\u00e9pecer les lapins avec l\u2019autre. Plus tard, coup de foudre avec l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, la linguistique, le mat\u00e9rialisme historique et le braconnage.<br>En cons\u00e9quence, dans les ann\u00e9es 70, nous f\u00fbmes des \u00ab\u00a0Robinsons\u00a0\u00bb modernes \u00e0 la s\u00e9dentarit\u00e9 nomade, vivant \u00e0 la lisi\u00e8re des villes et des villages, autarciques, \u00e0 l\u2019abri de toute consommation superflue, aimant, buvant et ripaillant comme des princes sans le moindre souci pour la f\u00e9brilit\u00e9 des plan\u00e8tes. Le terrain de jeu \u00e9tait vaste, le monde en l\u2019occurrence, assez grand pour nourrir gratuitement ses enfants rebelles. A cette jubilation \u00e9clectique cependant, il manquait un arc.<br>Katja B., belle amie chor\u00e9graphe, m\u2019enseigna alors en quelques nuits la math\u00e9matique musique des temps. Du coup, mesure pour mesure, je devins architecte de la d\u00e9termination \u00e0 rester ind\u00e9termin\u00e9. La f\u00eate pyrotechnique en fut la fin et le moyen. Le sortil\u00e8ge du conte synth\u00e9tisa tout ce qui constituait alors nos \u00e2mes romantiques en le consumant: Artaud, Beckett, Lennon, Victor Hugo, le fer \u00e0 souder, le canon \u00e0 image, le rouleau de scotch et la pince coupante, John Cage, Verdi, Kate Bush, la machine de tir, l\u2019a-peinture de l\u2019espace, Rimbaud et les trames de ponctuation \u2026<br>A la fin de tout, mission accomplie, potlatch ext\u00e9nu\u00e9, du feu de l\u2019art ne subsisteront que cendres et poussi\u00e8re.<br>La semence lente d\u2019une com\u00e8te m\u00e9taphorique, <br>l\u2019apesanteur \u00e9chevel\u00e9e du noir. <br>Dans l\u2019intervalle, restes, ratures, photos boug\u00e9es, compagnies c\u00e9lestes.<br>Sinon, <br>belle d\u00e9rive souveraine, plus d\u2019un million d\u2019ann\u00e9es durant, environ\u2026<br><br>1970-2021\/JMP<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<h2>Sp\u00e9culations sur le calcul de l&rsquo;avance \u00e0 l\u2019allumage<\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0si je connaissais ma force centrifuge, je casserais tout!\u00a0\u00bb    Josef Morel, bar des Alpilles, 1983.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>  <br>  Dans le mouvant, l\u2019anticipation est partout. On apprend cela en r\u00e9glant le moteur des motocyclettes japonaises. Trop d\u2019avance, on ne d\u00e9marre pas. Pas assez d\u2019avance, et l\u2019explosion fait long feu, l\u00e8che le piston et le perce. Pourtant, \u00e0 l\u2019oreille, \u00e7a tournait rond. Mais les moteurs \u00e0 explosion, c\u2019est \u00e0 la fois rond et carr\u00e9, et passons sur la richesse du m\u00e9lange.<br>Le mouvement alternatif, li\u00e9 \u00e0 un d\u00e9placement r\u00e9gulier, engage des inerties contrari\u00e9es qu\u2019on s\u2019\u00e9vertue \u00e0 lisser au mieux.<br> <br>J\u2019observe le vol des oiseaux migrateurs. Chacun son tire d\u2019aile, pour former le V caract\u00e9ristique de la course en peloton. Deux formations se croisent pour ne former qu\u2019un seul profil, et puis se re-divisent. Le sentiment chor\u00e9graphique domine \u00e0 nos yeux. Lequel \u00e0 commenc\u00e9, qui orchestre? Une foule de gens ne pourrait se comporter ainsi sans un tenseur global superpos\u00e9 au contr\u00f4le local des distances interindividuelles. L\u2019oiseau, de son point de vue, en tire peut-\u00eatre les m\u00eames conclusions.<\/p>\n\n\n\n<p>Je postule que cette cin\u00e9tique figurative est une synth\u00e8se harmonique du poids des mots multipli\u00e9 par la vitesse du battement de cils et je pose:<br><strong>Energie du message = Masse des mots  x   (Vitesse du message)<sup>2<\/sup> <\/strong>.<br>Pour une \u00e9nergie donn\u00e9e supportable, plus la vitesse sera grande, plus la tonalit\u00e9 et le poids des mots tendra vers z\u00e9ro. <br>Commun\u00e9ment, entre pr\u00e9dateurs et pr\u00e9dat\u00e9s, l\u2019instinct de fuite a qualit\u00e9 d\u2019arc r\u00e9flexe. A contrario, la r\u00e9flexion est un temps mort, le temps de la conscience, dit Sartre. Platon aurait en sus contest\u00e9 l\u2019usage d\u2019un babil empress\u00e9 quand il est employ\u00e9 aux fins d\u2019ensorceler l\u2019auditeur !<br><br><em>Corollaire spatio-temporelle:<\/em><br>De nos jours, quand la vitesse absolue de l\u2019information d\u00e9passe le message, cette c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 peut conf\u00e9rer au pire d\u00e9lateur refoul\u00e9 un mis\u00e9rable statut d\u2019\u00e9crivain ! Peu importe le contenu crapuleux, il en est ainsi depuis des si\u00e8cles. La d\u00e9magogie hargneuse polluait d\u00e9j\u00e0 l\u2019agora chez les Grecs.<br>Quand l\u2019\u00e9metteur se confond avec son propre r\u00e9cepteur, il y a court-circuit. <br>Quand la parole est r\u00e9duite \u00e0 la communication du message, le langage devient un code machine. <br>Stricte machine \u00e0 paraphraser le pr\u00e9visible.<br>D\u00e9livrant non plus des informations, mais des ordres.<br>Et l\u2019image se r\u00e9pliquant, l\u2019\u00e9pid\u00e9mie se propage en fac-simil\u00e9s d\u00e9risoires d\u2019un proto-vide r\u00e9duit \u00e0 son reflet r\u00e9verb\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;infini.<br> <br><em>Conjecture socio-dramatique:<\/em><br>Fig\u00e9e dans cet \u00e9blouissement temporel entre \u0153il et oreille, toute communaut\u00e9 sociale se d\u00e9lite et puis se recombine en meutes unicellulaires primitives. Cette instantan\u00e9it\u00e9 ali\u00e9n\u00e9e rend alors obsol\u00e8te la syntaxe d\u00e9mocratique colport\u00e9e \u00e0 dos d\u2019homme. D&rsquo;une mani\u00e8re pernicieuse, masqu\u00e9e, l&rsquo;algorithme des moteurs de recherche, en visant \u00e0 cerner uniquement ce qu&rsquo;il ordonne en profil, an\u00e9antit toute contradiction. C&rsquo;est le principe du fanatisme, du pros\u00e9lytisme, de l&rsquo;auto-conviction hyst\u00e9ris\u00e9e sur fond de consanguinit\u00e9. <br>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00eatre g\u00e9n\u00e9rique objectif\u00a0\u00bb de Marx a bon dos.<br><br>Ainsi voit-on la proie sur le champ prendre la pose, port\u00e9e au tombeau par son ombre, morte-vivante.<br>Catabolisme convulsif de la Cr\u00e9ature, \u00e9trange cort\u00e8ge tournant parfois lentement sans fin autour des giratoires.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le r\u00eave de Frankenstein, foirade pour une \u00e9pid\u00e9mie du consenti, avant-projet de film r\u00e9troactif.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JMP 20\/1\/2021<br><br><br><br><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h1 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">Compagnies &amp; compa\u00f1eros<\/h1>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">sic transit  gloria mundi<\/h2>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-small-font-size\"><em>Ainsi passe la gloire du monde.<\/em><\/h6>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2><br>Le Living Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Avignon, mai-juillet 1968<\/h2>\n\n\n\n<p>Lorsque le Living Th\u00e9\u00e2tre est arriv\u00e9 d\u00e9but Mai \u00e0 Avignon dans leurs minibus Combi VW, venant de Cefal\u00f9, petite \u00eele de Sicile, le mistral soufflait au del\u00e0 du raisonnable. Jean-Marie Lamblard connaissait d\u00e9j\u00e0 quelques membres de la troupe. Jean-Marie est un de ces \u00eatres que les histoires oublient et sans qui rien ne serait possible. Les passeurs, les connecteurs d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s, les princes de l\u2019hospitalit\u00e9. Il nous r\u00e9quisitionna avec Christian Bourgeois pour aider \u00e0 installer cette tribu nomade dans ce que nous appelons maintenant un squat : un ancien lyc\u00e9e vide et d\u00e9labr\u00e9 mis \u00e0 leur disposition par la mairie, l\u00e0 o\u00f9 se trouve l\u2019actuelle m\u00e9diath\u00e8que. Avec trois bouts de tissu et de bois, chacun p\u00fbt construire son nid et l\u2019ensemble final oscillait entre cabanes dans les arbres, temples Indiens et architectures d\u2019Escher. Nous partagions les repas et de m\u00e9morables calumets de la paix pr\u00e9par\u00e9s par Luke sanctionnaient nos efforts.<br><br> Une large sc\u00e8ne avait \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e dans l\u2019ancienne cour de r\u00e9cr\u00e9ation pour les r\u00e9p\u00e9titions. Dans ce pays de grandes bourrasques, les enfants jouaient l\u00e0 \u00e0 poursuivre les feuilles, les m\u00e8res droites immobiles, face au vent comme les chevaux en libert\u00e9, toutes voiles dehors. La vie se tissait dans le th\u00e9\u00e2tre ou inversement. J\u2019\u00e9tais jeune photographe \u00e0 l\u2019\u00e9poque. On est rest\u00e9 l\u00e0 des heures \u00e0 se regarder vivre, sans autres questions. Je tirais une douzaine de photos la nuit pour les vendre le lendemain sur le trottoir de la rue de la R\u00e9publique, et j\u2019ai pu ainsi acheter mon premier Nikon. J\u2019ai perdu presque tous les n\u00e9gatifs, mais j\u2019ai retrouv\u00e9 bien plus tard quelques photos jaunies chez des amis.<br> Je m&rsquo;interrogeais sur la r\u00e9partition des r\u00f4les entre Judith Malina et Julian Beck. Qui \u00e9tait le po\u00e8te, le dramaturge, le graphiste, l&rsquo;alchimiste, l&rsquo;id\u00e9ologue libertaire, le fournisseur de mythes dans l&rsquo;histoire? Une catalyse de groupe? Il y avait un champ gravitationnel invisible qui liait cette troupe-laboratoire h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, et elle ne dissimulait rien de ses composantes.<br><br> Chez Benedetto, on fonctionnait un peu de la sorte, mais sans t\u00e9moins\u2026Des discussions in\u00e9puisables, et puis on bricolait un truc sc\u00e9nographique \u00e0 tester le soir, quand ceux qui avaient un \u201cvrai\u201d boulot venaient r\u00e9p\u00e9ter.<br> Au Living, je cherchais \u00e0 comprendre comment des affinit\u00e9s baroques produisent du sens et des figures. Ceux du texte ou de la dramaturgie, les constructeurs comme Luke, les peintres, les m\u00e9ditatifs, les corporels et les gambergeurs comme Echnaton, Steve, Julian. Il y avait aussi Jenny, sublime oiseau carbonis\u00e9\u2026.Tout cela dans l\u2019ombrage de Brecht, d\u2019Artaud et de Bakounine, la synth\u00e8se de Marx et Freud. L\u2019accomplissement de Rimbaud ou Dada en actes. Ce th\u00e9\u00e2tre r\u00e9sonnait alors des pr\u00e9occupations du monde et de l\u2019\u00e9poque et subissait aussi son manich\u00e9isme bipolaire, th\u00e9\u00e2tre bourgeois \/ th\u00e9\u00e2tre populaire. Mais le th\u00e9\u00e2tre est une mol\u00e9cule organique virale, elle \u00e9chappe in fine \u00e0 toutes ces r\u00e9ductions.<br><br> J\u2019ai d\u00e9couvert la troupe \u00e0 Bordeaux en novembre 1967, \u00e0 Sigma III. Jean-Marie nous avait fait un r\u00e9cit quasi initiatique inspir\u00e9 par la r\u00e9v\u00e9lation absolue que f\u00fbt pour lui le Frankenstein donn\u00e9 \u00e0 Cassis en 1966, la pleine lune venant ponctuer l\u2019exp\u00e9riment. J\u2019\u00e9tais donc aux aguets.<br> Le 17\/11, La Passion selon Sade de et avec Sylvano Bussotti, Cathy Berberian et musiciens fut interrompue manu militari par des agitateurs violents d\u2019extr\u00eame droite avec des p\u00e9tards. Le living intervenait dans une esp\u00e8ce de figuration en fond et bord de sc\u00e8ne avec des actes immobiles qu\u2019on retrouvera ensuite dans Paradise Now. Quand la tension f\u00fbt \u00e0 son comble, il y e\u00fbt un moment extraordinaire. Une partie de la troupe qui ne jouait pas se mit \u00e0 traverser la salle dans tous les sens en surjouant l\u2019apocalypse, agonisant au milieu des spectateurs, pendant que les autres, sur sc\u00e8ne, improvisant une esp\u00e8ce de sit-in non violent , demeuraient impavides et vuln\u00e9rables, les yeux perdus sur la ligne d\u2019horizon. Ayant largement d\u00e9pass\u00e9 les esp\u00e9rances des agitateurs, ceux ci se trouv\u00e8rent fort d\u00e9munis et le soufflet retomba comme un brouillard. Cette technique qu&rsquo;ils poss\u00e9daient avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e pour \u00ab\u00a0Mysteries\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Frankenstein\u00a0\u00bb. Maintenant, avec des kalachnikovs, \u00e7a ne marcherait pas aussi bien.<\/p>\n\n\n\n<p>  Le lendemain, 18\/11, m\u00eame lieu, un Mysteries and Small Pieces savamment temp\u00e9r\u00e9.<br> Le Frankenstein \u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019Alhambra le 21, un grand th\u00e9\u00e2tre ou avaient lieu cot\u00e9 salle les concerts de musique contemporaine, le ring de Pierre Henry, des matelas pour les spectateurs, les magn\u00e9tophones de K.H. Stockhausen, et au fond cot\u00e9 sc\u00e8ne, intrigante, la structure m\u00e9tallique \u00e0 trois niveaux du Frankenstein, telle un sombre retable pa\u00efen, en attente. Ces structures d&rsquo;acier de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9taient en tubes \u00ab\u00a0Mills\u00a0\u00bb tr\u00e8s lourds, coupants, les m\u00eames que ceux utilis\u00e9s dans le b\u00e2timent pour les \u00e9chafaudages. <br> Devant rentrer \u00e0 Paris, je ne pus assister \u00e0 la repr\u00e9sentation, mais entre les r\u00e9cits, les traces, la pr\u00e9sence des acteurs, je me suis arrang\u00e9 d\u2019une version r\u00eav\u00e9e sublime ind\u00e9passable.<\/p>\n\n\n\n<p>  Julian Beck, anarchiste de longue date, non violent proclam\u00e9, f\u00fbt&nbsp;naturellement concern\u00e9 par les \u00e9v\u00e8nements de Mai \u00e0 Paris. Lui et Judith \u00e9taient \u00e0 la Sorbonne au d\u00e9but de l\u2019agitation. Il \u00e9tait de la partie lors de complots&nbsp;nocturnes&nbsp;\u00e0 la fac de lettres d&rsquo;Avignon, rue Joseph Vernet, occup\u00e9e par anars, trotskars, cheminots et autres contestataires, assaillie parfois dans un pur style m\u00e9di\u00e9val, avec \u00e9chelles&nbsp;et grappins.&nbsp;Pendant ces interminables nuits de veille, quelques coups de revolver perdus ponctu\u00e8rent la bande son.<br> Pour la premi\u00e8re d\u2019Antigone en juillet, le th\u00e9\u00e2tre du \u201cCh\u00eane noir\u201d ayant \u00e9t\u00e9 soi-disant censur\u00e9 pour sa \u201cpaillasse\u201d, ses acteurs et amis sont assis en tailleur au fond du clo\u00eetre des Carmes avec un sparadrap bleu-blanc-rouge sur la bouche, comme certaines photos en t\u00e9moignent. Comme souvent, je trouvai que les r\u00e9p\u00e9titions \u00e9taient plus achev\u00e9es que le spectacle final. J\u2019ai toujours aim\u00e9 les \u00e9clats de pierre et la poussi\u00e8re dans l\u2019atelier du sculpteur, les pigments et la tension du cadre dans celui du peintre, le chaos, la nonchalance, les \u00e9nervements et les litanies r\u00e9p\u00e9titives de l\u2019\u00e9bauche th\u00e9\u00e2trale.<br>  Je fus un peu frustr\u00e9 de ne pouvoir saisir simultan\u00e9ment sur le champ la totalit\u00e9 et le grain de ces \u00e9motions. Les apparences de jeu improvis\u00e9 sont trompeuses: cette troupe de beatniks sans fard et sans maques proposait en fait une d\u00e9monstration qui supposait la connaissance de prol\u00e9gom\u00e8nes que je d\u00e9couvrirai apr\u00e8s coup.<br><br> Apr\u00e8s de longues apr\u00e8s-midi de soleil et d\u2019ombre, Paradise Now fut cr\u00e9\u00e9 au clo\u00eetre dans un joyeux bordel. Le public \u00e9tait constitu\u00e9, on ne s\u2019en souvient plus, d\u2019un improbable m\u00e9lange d\u2019Avignonnais ordinaires d\u2019un certain \u00e2ge se bouchant parfois les yeux, d\u2019une jeunesse cosmopolite fra\u00eechement estampill\u00e9e rebelle, d\u2019anarcho-syndicalistes sortis de l\u2019anonymat, de c\u00e9g\u00e9tistes bravant les consignes centralistes et de journalistes de tout poil. Pour le spectacle, exercices pr\u00e9paratoires, bouquets d\u2019expression \u00e9taient embarqu\u00e9s avec la structure du r\u00e9cit, sans architecture dominante, avec une connotation de mouvement perp\u00e9tuel. Ca bougeait autant sur les gradins que sur sc\u00e8ne. Le Living cherchait visiblement \u00e0 transgresser cette fronti\u00e8re, mais \u00e0 ce moment pr\u00e9cis de l\u2019histoire, le spectateur \u00e9galement en gestation avait la fi\u00e8vre, et la confrontation, au del\u00e0 de l\u2019agitation thermique, ne produisit pas de situation singuli\u00e8re. Les slogans du mois de Mai avaient mis la barre plus haut, mais malgr\u00e9 tout nous restions farouchement absorb\u00e9s par cette forme de th\u00e9\u00e2tre, cette libert\u00e9 nouvelle donn\u00e9e aux corps, la rage froide de l\u2019expression(1). Il fallait vraiment faire un effort pour prendre une photo&nbsp;et s\u2019absenter un instant derri\u00e8re la cam\u00e9ra. Dehors, pression forte et ambiance tendue. De petits groupes d\u2019extr\u00eame droite, la mairie fermant les yeux, venaient faire le coup de poing et tondre les \u201chippies\u201d solitaires.<br><br> Malgr\u00e9 cela, une question fondamentale devint obs\u00e9dante: jouer dedans ou dehors, sortir, comme pr\u00e9vu par l&rsquo;action 8 \u00e0 la fin du spectacle. On se souvient de la troupe secouant de l\u2019int\u00e9rieur les grilles ferm\u00e9es, Beck en t\u00eate, suppliant la foule de \u201clib\u00e9rer le th\u00e9\u00e2tre\u201d. Le th\u00e9\u00e2tre dans la rue pour initier la contagion du changement? On venait d&rsquo;exp\u00e9rimenter cela deux mois auparavant. L\u00e0, nous \u00e9tions plus dubitatifs, et nous ressentions les limites du \u201cpeace and love\u201d avec les grelots tib\u00e9tains et la pantomime pour amorcer \u201chere and now\u201d une strat\u00e9gie de gu\u00e9rilla, f\u00fbt-elle po\u00ef\u00e9litique !<\/p>\n\n\n\n<p> Par la suite et apr\u00e8s quelques \u00e9pisodes, Beck voul\u00fbt jouer Paradise Now enti\u00e8rement gratis hors les murs. Vilar, dans le petit bureau attenant au clo\u00eetre, livide, au bord de l\u2019arr\u00eat cardiaque, ne c\u00e9dait rien. Paul Puaux mordait sa pipe. JJ Lebel faisait le malin en traduisant \u00e0 sa mani\u00e8re les intentions cach\u00e9es. Le Maire socialo censura Paradise pour d\u2019obscures raisons contractuelles, mais voulait bien \u00e9ventuellement d\u2019Antigone \u00e0 la place. Le texte de la pi\u00e8ce circonscrit par les murs inqui\u00e9tait moins que les clochettes et l\u2019encens livr\u00e9s \u00e0 la rue\u2026<br> Beck, alors, prit le sifflet et cl\u00f4tura l\u2019\u00e9pop\u00e9e.<br>Ernest PignonErnest r\u00e9alisa ipso facto une tr\u00e8s belle s\u00e9rigraphie avec le portrait de Beck et la d\u00e9claration ultime en 11 points qu\u2019il fit au Verger d\u2019Urbain V. Il reste quelques photos de ce collage.<br><br> Au Th\u00e9\u00e2tre des Carmes, Benedetto donnait \u201cZone Rouge, feux interdits\u201d(4), en soir\u00e9e et ici-et-maintenant-Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale-permanente toute la journ\u00e9e. Georges Lapassade, sociologue et agitateur n\u00e9, y venait r\u00e9guli\u00e8rement, colportant les derni\u00e8res nouvelles inflammables en provenance du Verger d\u2019Urbain V. C\u2019\u00e9tait Tweeter avant la lettre. En forme d\u2019apoth\u00e9ose il finit par faire entrer la criaillerie des pintades de Jean-Marie dans la cour d\u2019honneur pendant \u201c Jaguar\u201d, le film de J.Rouch et l\u2019ethnologue n\u2019en f\u00fbt pas plus contrari\u00e9 que cela\u2026 La l\u00e9gende pr\u00e9tend que les techniciens CGT de la cour d&rsquo;honneur les firent r\u00f4tir et s&rsquo;en r\u00e9gal\u00e8rent.<br><br> La France, apr\u00e8s les \u00e9lections de juillet, avec le coup de la majorit\u00e9 silencieuse, \u00e9tait redevenue grassement r\u00e9actionnaire. Ceux du front populaire de 1936 on du ressentir cet abattement quand cette m\u00eame majorit\u00e9 se coucha devant le Mar\u00e9chal et l&rsquo;envahisseur. Apr\u00e8s le bannissement de la troupe par les \u00c9diles municipaux, Raoul Collombe, conseiller municipal d\u2019extr\u00eame droite, organisa le ballet de la r\u00e9conciliation aux all\u00e9es de l\u2019Oulle, avec le triste consentement de Maurice B\u00e9jart, gratuit, avec un a\u00efoli en prime. La Collaboration n\u2019a pas d\u2019odeur, \u201cThe show must go on\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p> Quelques jours auparavant, j\u2019avais suivi le Living \u00e0 la Sainte Beaume pour la derni\u00e8re repr\u00e9sentation de Paradise Now , \u00e0 ciel ouvert. On s&rsquo;\u00e9tait entass\u00e9s dans la Fiat 500 des potes italiens de Spol\u00e8te pour atteindre Chateauvallon. Le Bread &amp; Pupett \u00e9tait pr\u00e9sent, avec quelques jeunes compagnies de th\u00e9\u00e2tre nomade, le \u201cth\u00e9\u00e2tre de l\u2019acte\u201d Toulousain\u2026<br><br> Tr\u00e8s belle nuit, loin des tumultes Avignonnais et seul spectacle du Living que j\u2019ai vu finalement en situation paisible, sur un socle de vieille pierre consacr\u00e9e par le temps, o\u00f9 se posaient ces anatomies dans un d\u00e9cor prolongeant la statuaire Grecque\u2026<br> Je commen\u00e7ais \u00e0 faire partie de la famille, et je fus incorpor\u00e9 de facto avec mon appareil \u00e0 la performance du tas de corps et de caresses,\u201cthe Rite of Universal Intercourse,\u201d d\u2019o\u00f9 ces photos si proches, mais un peu boug\u00e9es\u2026<br>On raconte que ce fut la seule performance qui frisa les moustaches du paradis. L&rsquo;inconscient optique peut-\u00eatre! La nuit en Provence est parfois si transparente qu&rsquo;on sent les \u00e9toiles \u00e0 port\u00e9e de la main.<br> Puis encore \u00e0 Gen\u00e8ve, le th\u00e9\u00e2tre de Carouge, bo\u00eete ferm\u00e9e, public pond\u00e9r\u00e9,  l\u2019asphalte tout autour\u2026<br> Gianfranco me l\u00e8gue sa vieille motocyclette Guzzi de deux cent kg, parce qu\u2019ils ont d\u00e9cid\u00e9 de revenir \u00e0 N.Y. pour les uns ou de partir en Inde pour les autres.<br> Nos chemins ne se croiseront plus.<br><br> Le Living Th\u00e9\u00e2tre s\u2019est atomis\u00e9 en 70 je crois, comme l\u2019internationale Situationniste en 72.<br> J\u2019ai entendu parler de leur passage au Br\u00e9sil dans les favelas, jouant \u00e0 m\u00eame le sol, au plus pr\u00e8s de la terre poussi\u00e8re\u2026<br> Beck a publi\u00e9 \u201cchants de la r\u00e9volution 36-89\u201d, et judith Malina, plus tard, \u201cThe enormous despair\u201d. Au Panth\u00e9on r\u00eav\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre, Eschyle, Shakespeare, T.Kantor, J.Grotowski, Bob Wilson, A.Benedetto, P.Bausch, S.Beckett, le Living Th\u00e9\u00e2tre de Julian Beck\u2026<br> \u201cLe veilleur de nuit tambourine, Marina tricote son bas\u201d, j\u2019allais oublier Tchekhov\u2026.<br> Mais c\u2019est une autre histoire\u2026<br><br> Il y a quelques ann\u00e9es, Andr\u00e9 Benedetto avait organis\u00e9 une soir\u00e9e en pr\u00e9sence de Melly Puaux pour \u00e9voquer le Festival de 1968. Elle avait la rancune tenace 40 ans plus tard. Pour A.B., qui n\u2019avait gu\u00e8re chang\u00e9 d\u2019avis, la question se r\u00e9sumait ainsi: dans les p\u00e9riodes de gr\u00e8ve ou d\u2019insurrection, quel int\u00e9r\u00eat le th\u00e9\u00e2tre \u201cr\u00e9volutionnaire\u201d qui s\u2019\u00e9crit dans l\u2019urgence du pr\u00e9sent aurait-il \u00e0 se museler lui-m\u00eame?<br> Avec le recul, il me semble que ce qui s&rsquo;est jou\u00e9 ici en 1968, avec cette esquisse de r\u00e9volution tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale, c&rsquo;est une pi\u00e8ce de Pirandello avec des monologues de sourds \u00e9crits par S.Beckett, ou la fin du th\u00e9\u00e2tre au sens de la fin de l\u2019Histoire de Hegel. <br>Qui annonce le postmoderne, c\u2019est \u00e0 dire en partie le recyclage du pass\u00e9 dans la consommation du spectacle de la consommation.<br> Les Cassandre que nous \u00e9tions alors annon\u00e7aient un monde-spectacle-marchandise si dissuasif qu\u2019il en devenait improbable. Nous \u00e9tions l\u00e9gers et bavards, la menace \u00e0 perte de vue. Du reste, nous nous contentions de peu.<br> J\u2019avais trac\u00e9 \u00e0 la fin sur un mur de caravans\u00e9rail ce codicille, \u00ab L\u2019imagination n\u2019a pas pris le pouvoir, mais on est contents quand m\u00eame \u00bb . Benedetto en avait fait la couverture de son recueil de po\u00e8mes \u00ab les poubelles du vent \u00bb . Il a disparu de la r\u00e9\u00e9dition posthume, pas assez \u201cchic\u201d sans doute\u2026Cette formule est idiote de toute fa\u00e7on. L\u2019imagination, c\u2019est le pouvoir, le pouvoir de s\u2019en affranchir. Le caravans\u00e9rail \u00e9tait une magnifique auberge espagnole invent\u00e9e par Jean-Marie Lamblard.<br><br> Le peu est le pr\u00e9sent, curseur asc\u00e9tique immobile sur l\u2019\u00e9chelle des temps.<br> Et puis finalement non,<br> tout cela est arriv\u00e9 pour de vrai je crois.<br> Le \u201cparadis maintenant\u201d est une injonction ambigu\u00eb. A la r\u00e9f\u00e9rence biblique, la promesse du paradis, s\u2019adjoint l\u2019oxymore du \u201cmaintenant\u201d. Pour l\u2019atteindre, il faudrait donc mourir, ce mourir qui efface tout pr\u00e9sent! Si on d\u00e9plie la m\u00e9taphore de l&rsquo;apocalypse, le Living jouerait en 2017 \u201cHell forever \u201c, la peste ou \u201c radioactive rain before the apocalypsis\u201d ou pire encore: le paradis instantan\u00e9 apr\u00e8s l\u2019acte terroriste suicidaire, qui est une concentration insoluble d\u2019enfer r\u00e9el et de paradis virtuel.<br> Dans ses \u201cChants pour la r\u00e9volution\u201d, Beck livre un credo qui nous parait maintenant&nbsp;un peu d\u00e9suet et dat\u00e9 dans le ton, mais toujours plus actuel dans le contexte \u00e9cologique. Le meilleur de l\u2019homme reste possible, sous condition de r\u00e9volution libertaire\u2026<br> Cet homme nouveau, par contre, il n\u2019y a plus personne pour y croire apr\u00e8s le d\u00e9sastre Stalinien. C&rsquo;est un des th\u00e8mes du \u00ab\u00a0Frankenstein\u00a0\u00bb, les victimes deviennent les bourreaux, et c&rsquo;est sans fin. Le Living fut tracass\u00e9 par l&rsquo;impasse noire de leur propre cr\u00e9ature th\u00e9\u00e2trale, ce qui les conduisit, \u00e0 la demande de quelques membres de la troupe, Jenny Hecht en particulier, \u00e0 la cr\u00e9ation de Paradise Now. Mais l\u2019illusion paradisiaque et les menaces d\u2019apocalypse sont des slogans fondamentaux du cr\u00e9dit bancaire, la carotte et le fouet&nbsp;les plus achev\u00e9s conduisant&nbsp;\u00e0 la servitude volontaire. La case prison change de place et  reste.<\/p>\n\n\n\n<p> Dans le po\u00e8me de Beck, la mort r\u00f4de, voil\u00e9e.<br> Chant 88 :<br> \u201c\u2026 keep inventing further actions as long as necessary<br> how long is that<br> until we are out of the range of death<br> how long is that<br> until we are out of the reign of death.\u201d<br> Le th\u00e9\u00e2tre dit \u00ab vivant \u00bb retrouvera ce lieu privil\u00e9gi\u00e9 o\u00f9 la mort connue et reconnue est une pr\u00e9sence pr\u00e9alable indispensable \u00e0 tout sentiment joyeux d\u2019exister (2), dans le d\u00e9lire des bals musette(3).<br> \u201chow long is that\u201d<br><br> La communaut\u00e9 &#8211; nomade \/ exil\u00e9e \/ sans papier \/ rom \/ apatride \/ cosmopolite \/ libre \/ errante \/ sans port d\u2019attache &#8211; du Living (celle du Bread &amp; Pupett de Peter Schumann dans une autre mesure \u00e9galement) f\u00fbt une com\u00e8te chevelue sans devenir immobilier. Elle r\u00e9sonne pourtant encore comme une communaut\u00e9, la communaut\u00e9 du po\u00e8me, du laboratoire, la \u00ab communaut\u00e9 inavouable \u00bb de ceux qui n\u2019ont pas de communaut\u00e9.<br> En 1968, avec l\u2019Antigone de Sophocle\/Brecht elle incarnait officiellement la trag\u00e9die au festival d\u2019Avignon, et sans le savoir, sa propre trag\u00e9die, la fin d\u2019une \u00e9poque. Le champ de ruines et de moribonds d\u00e9pouill\u00e9s, ce tableau souvent incarn\u00e9 par le Living, ces hommes d\u00e9nud\u00e9s o\u00f9 l&rsquo;os de l&rsquo;\u00e2me affleure, tout cela sera d\u00e9sormais recouvert d&rsquo;un linceul de paillettes, d&rsquo;h\u00e9moglobine, d&rsquo;\u00e9blouissements et de sucreries addictives. La fascination pour et par&nbsp;la marchandise culturelle.<br><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9pilogues:<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante, en plein festival, apr\u00e8s la fin des repr\u00e9sentations, l\u2019am\u00e9ricain Ulysse Armstrong posait un pied d\u2019Achille \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et semble-t-il sur la lune \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p>Jenny Hecht s&rsquo;exila sur cette lune vague le 25 mars 1971, elle avait 27 ans. Tout \u00e0 la fin de sa vie, Julian Beck alla fleurir \u00e0 Berne, avec Judith, la tombe de Michel Bakounine au cimeti\u00e8re Bremgarten, bloc 9201, tombe 68.  L\u2019\u0153il toujours malicieux, avec la m\u00eame flamme, Judith Malina proposera invariablement jusqu&rsquo;\u00e0 sa disparition en 2015  le m\u00eame rem\u00e8de: <br>\u00ab\u00a0The beautiful non-violent anarchist revolution\u00a0\u00bb. <br><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pour le plaisir, le nom des acteurs et actrices du\nLiving th\u00e9\u00e2tre en 1968:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Jim Anderson, Pamela Badyk, Cal Barber, Julian Beck, Carol Berger, Mel Clay, Rufus Collins, Pierre Devis, Hans Schanno \u00ab\u00a0Echnaton\u00a0\u00bb, Carl Einhorn, Gene Gordon, Roy Harris, Jenny Hecht, Frank Hoogeboom, Henry Howard, Steve Ben Israel, Sandy Linden, Birgit Knabe, Judith Malina, Michele Mareck, Mary Mary, Gianfranco Mantegna, Gunter Pannewitz, Dorothy Shari, William Shari, Luke Theodore, Steve Thompson, Jim Tiroff, Diana Van Tosh, Petra Vogt, Souzka Zeller.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>JMP 29\/9\/2012-2017<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">note (1):<br> \u201cLa rage froide de l\u2019expression\u201d&#8230;. Francis Ponge, Pro\u00eames<br><a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Ponge-La-rage-de-lexpression\/39522\">https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Ponge-La-rage-de-lexpression\/39522<\/a><br><br> Note (2):<br> \u201cPratique de la joie devant la mort\u201d, G.Bataille<br><a href=\"https:\/\/fr.scribd.com\/document\/222172473\/La-Pratique-de-La-Joie-Devant-La-Mort-1939#\">https:\/\/fr.scribd.com\/document\/222172473\/La-Pratique-de-La-Joie-Devant-La-Mort-1939#<\/a><br><br> note (3):<br> \u201cPour en finir avec le jugement de Dieu\u201d, Antonin Artaud<br><div id=\"mp3jWrap_0\" class=\"mjp-s-wrapper s-graphic unsel-mjp \" style=\"font-size:18px;\"><span id=\"playpause_wrap_mp3j_0\" class=\"wrap_inline_mp3j\" style=\"font-weight:700;\"><span class=\"gfxbutton_mp3j play-mjp\" id=\"playpause_mp3j_0\" style=\"font-size:18px;\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/span>&nbsp;<span class=\"group_wrap\"><span class=\"bars_mp3j\"><span class=\"loadB_mp3j\" id=\"load_mp3j_0\"><\/span><span class=\"posbarB_mp3j\" id=\"posbar_mp3j_0\"><\/span><\/span><span class=\"T_mp3j\" id=\"T_mp3j_0\" style=\"font-size:18px;\">1. artaud_jugement_de dieu dit par A.Benedetto<\/span><span class=\"indi_mp3j\" style=\"font-size:12.6px;\" id=\"statusMI_0\"><\/span><\/span><span class=\"vol_mp3j flipped\" id=\"vol_mp3j_0\"><\/span><\/span><\/div><span class=\"s-nosolution\" id=\"mp3j_nosolution_0\" style=\"display:none;\"><\/span><script>\nMP3jPLAYLISTS.inline_0 = [\n\t{ name: \"1. artaud_jugement_de dieu dit par A.Benedetto\", formats: [\"mp3\"], mp3: \"aHR0cDovL2FhcmlhLXR2LmNvbS9jYWhpZXJzYy9hcnRhdWRfanVnZW1lbnRfYmVuZWRldHRvLm1wMw==\", counterpart:\"\", artist: \"\", image: \"\", imgurl: \"\" }\n];\n<\/script>\n\n<script>MP3jPLAYERS[0] = { list: MP3jPLAYLISTS.inline_0, tr:0, type:'single', lstate:'', loop:false, play_txt:'&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;', pause_txt:'&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;', pp_title:'', autoplay:false, download:false, vol:100, height:'' };<\/script><br><br> note (4):<br> \u201cZone Rouge, feux interdits\u201d , pi\u00e8ce pr\u00e9monitoire d\u2019A.Benedetto cr\u00e9\u00e9e en 67<br><div id=\"mp3jWrap_1\" class=\"mjp-s-wrapper s-graphic unsel-mjp \" style=\"font-size:18px;\"><span id=\"playpause_wrap_mp3j_1\" class=\"wrap_inline_mp3j\" style=\"font-weight:700;\"><span class=\"gfxbutton_mp3j play-mjp\" id=\"playpause_mp3j_1\" style=\"font-size:18px;\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/span>&nbsp;<span class=\"group_wrap\"><span class=\"bars_mp3j\"><span class=\"loadB_mp3j\" id=\"load_mp3j_1\"><\/span><span class=\"posbarB_mp3j\" id=\"posbar_mp3j_1\"><\/span><\/span><span class=\"T_mp3j\" id=\"T_mp3j_1\" style=\"font-size:18px;\">2. Zone_rouge_piece_integrale th\u00e9atre D.Sorano_1968.mp3<\/span><span class=\"indi_mp3j\" style=\"font-size:12.6px;\" id=\"statusMI_1\"><\/span><\/span><span class=\"vol_mp3j flipped\" id=\"vol_mp3j_1\"><\/span><\/span><\/div><span class=\"s-nosolution\" id=\"mp3j_nosolution_1\" style=\"display:none;\"><\/span><script>\nMP3jPLAYLISTS.inline_1 = [\n\t{ name: \"2. Zone_rouge_piece_integrale th\u00e9atre D.Sorano_1968.mp3\", formats: [\"mp3\"], mp3: \"aHR0cDovL2FhcmlhLXR2LmNvbS9jYWhpZXJzYy9ab25lX3JvdWdlX3BpZWNlX2ludGVncmFsZV9zb3Jhbm9fMTk2OC5tcDM=\", counterpart:\"\", artist: \"\", image: \"\", imgurl: \"\" }\n];\n<\/script>\n\n<script>MP3jPLAYERS[1] = { list: MP3jPLAYLISTS.inline_1, tr:0, type:'single', lstate:'', loop:false, play_txt:'&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;', pause_txt:'&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;', pp_title:'', autoplay:false, download:false, vol:100, height:'' };<\/script><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/photos\/\">Album photos<\/a><br><a href=\"https:\/\/www.booksonthemove.fr\/produit\/avignon-1968-et-le-living-theatre\/\">texte publi\u00e9 in \u00ab\u00a0Avignon 1968 et le Living Th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb<\/a><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">Le Th\u00e9\u00e2tre des Carmes<\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2><br>Cinquante ans apr\u00e8s \u00ab Statues \u00bb en juillet 1966<\/h2>\n\n\n\n<p><br>En 1966, la Nouvelle Compagnie d\u2019Avignon cr\u00e9ait au Th\u00e9\u00e2tre des Carmes pendant le festival, Statues, une pi\u00e8ce d\u2019Andr\u00e9 Benedetto.<\/p>\n\n\n\n<p>Le TNP avait donn\u00e9 les Troyennes \u00e0 la cour d\u2019honneur,\nadaptation de Sartre, avec E.Hirt et Judith Magre. Puis B\u00e9jart entra\nen danse dans le lieu. Grands souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Venus de Rodez en mobylette, nous campions \u00e0 la Barthelasse et avec Brigitte on caressait la sauvagerie du Rh\u00f4ne jusqu\u2019au petit matin. <br>Le festival occupait seulement la cour d\u2019honneur et le parvis du petit Palais comme sc\u00e8nes, le Verger pour discuter, et la place de l\u2019horloge pour continuer la palabre toute la nuit.<br> Ren\u00e9 Duran avait rep\u00e9r\u00e9 une toute petite affiche imprim\u00e9e au pochoir et coll\u00e9e \u00e0 intervalles r\u00e9guliers sur le garde corps du pont Daladier. Dans une boulangerie du quartier des Carmes, j\u2019avais remarqu\u00e9 la sculpture baroque de Georges Beaumont qui invitait au spectacle \u00ab Statues \u00bb. Bref, on a \u00e9t\u00e9 voir. Ils faisaient des tarifs \u00e9tudiants et ch\u00f4meurs. Une porte d\u2019entr\u00e9e vitr\u00e9e en bois verni \u00e0 cot\u00e9 d\u2019un garage Simca. Une petite caissi\u00e8re rieuse sortant tout droit d\u2019un film de J.Eustache nous fait les tickets \u00e0 la main. Un couloir, puis un espace cubique qui contient la sc\u00e8ne et les spectateurs. Ce jour l\u00e0, on \u00e9tait six en tout, assis sur des si\u00e8ges rustiques familiers aux cin\u00e9philes. Les \u00e9chelles \u00e9taient en bois, le grill technique, espac\u00e9 nombre d\u2019or, \u00e9galement. Le d\u00e9cor \u00e9tait une sculpture d\u2019objets us\u00e9s. La main de l\u2019ouvrier \u00e9tait subliminalement partout.<\/p>\n\n\n\n<p>Le noir. Une voix dans le noir, qui d\u00e9j\u00e0 le tient \u00e0 distance. Miouzic\u2026 et c\u2019est la lumi\u00e8re qui vient. A l\u2019int\u00e9rieur du cube, deux cubes, avec les acteurs plant\u00e9s dessus. Tr\u00e8s proches de nous, \u00e0 port\u00e9e de main, sans protection chor\u00e9graphique. Le texte comme fumerolles \u00e9clair\u00e9es de l\u2019int\u00e9rieur au dessus du magma. Je crois entendre quelque malice entre les cubes et l\u2019H\u00e9cube des Troyennes, et dans cet espace clos il y a l\u2019univers entier, tout l\u2019espace des questions, intravagantes, extravagantes. Mais c\u2019est aussi un tableau achev\u00e9 de peintre, une variation de gris et de couleurs d\u00e9lav\u00e9es, un retable pa\u00efen. Une banderole de papier se d\u00e9roule \u00ab lib\u00e9rez le vietnam \u00bb, c\u2019est pour le maintenant, avec en sous titre le tempo, c\u2019est pour la musique. Le g\u00e9ant Atlas passe charg\u00e9 de son monde en ruine, c\u2019est pour le mythe. L\u2019actrice a des allures de cantatrice proph\u00e9tesse grecque. Lui, par moments, dans son costume empes\u00e9, pourrait \u00eatre ce Godot enfin arriv\u00e9 de nulle part. Entre les deux, la petite fille installe le rectangle bleu satur\u00e9 d\u2019une piscine voulue.<\/p>\n\n\n\n<p>On \u00e0 d\u00e9couvert ce jour l\u00e0 le th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0Totol\u00a0\u00bb, parce que ce th\u00e9\u00e2tre contenait l\u2019autre. Il avait l\u2019inspiration, l\u2019\u00e2me et les armes dont nous avions alors besoin. Puis on a discut\u00e9 un peu avec ce gitan lanceur de couteaux et cette Compagnie si accueillante. On en a parl\u00e9 aux potes cin\u00e9astes, on est revenus. Dans l\u2019hiver qui suivit, Andr\u00e9 nous envoya \u00e0 Rodez une longue lettre tap\u00e9e en rouge majuscule sur du papier pelure, histoire de dire, on pourrait faire \u00e9quip\u00e9e. C\u2019est ce qu\u2019on \u00e0 fait, finalement.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, cinquante ans plus tard, le 7 juillet 2016 au matin, on va poser la plaque du cr\u00e9ateur du OFF. \u00c9trange distorsion. C\u2019est le th\u00e9\u00e2tre IN qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9-invent\u00e9 ici.<\/p>\n\n\n\n<p>jmp\/06\/2016<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/?page_id=886&amp;preview=true\">Album photo Statues<\/a><br><br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-large-font-size\">Statues \u00e9ternelles, plaqu\u00e9es au mur<\/h2>\n\n\n\n<p><br> Le 7 juillet 2016, la c\u00e9r\u00e9monie r\u00e9unissait plus de monde et de cam\u00e9ras que de spectateurs lors de la cr\u00e9ation de la pi\u00e8ce en 1996. Bertrand Hurault en ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie pour accueillir les \u00e9diles locaux, Philippe Caub\u00e8re, Ariane Mnouchkine, etc. Claude Djian et Charlotte Adrien ont donn\u00e9 quelques extraits de \u00ab Statues \u00bb, variante th\u00e9\u00e2tre de rue, ce qui n\u2019\u00e9tait pas une mince affaire. L\u00e0 est l&rsquo;alchimie du th\u00e9\u00e2tre. Un texte dit initialement dans le noir et enferm\u00e9 dans un cube clos qui se retrouve projet\u00e9 en plein soleil sur un trottoir, toujours en vie. Jean-Marie Lamblard qualifia cette intervention d&rsquo;abominable non-sens.<br> Puis Ariane, les ciseaux \u00e0 la main, en peu de mots, \u00e0 demi-voix, a parl\u00e9 du corps de l\u2019homme, de sa beaut\u00e9 et de sa fureur inoubliables.<br> D\u2019une main de sage femme elle a coup\u00e9 le fil de ce qui semblait \u00eatre un cordon ombilical des limbes et le linceul noir est tomb\u00e9, laissant appara\u00eetre, riv\u00e9e au mur, la marque d\u2019un commencement r\u00e9volu.<br> Et de l\u00e0 on a vu surgir des milliers d\u2019oiseaux rieurs, chacun son cri, emporter \u00e0 tire d\u2019aile l\u2019\u00e2me lib\u00e9r\u00e9e du po\u00e8te vers les herbes folles du temps retrouv\u00e9.<br><br>jmp\/07\/2016<br><br><br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2>Jo, Georges Benedetto<\/h2>\n\n\n\n<p><br>J&rsquo;ai en conserve, une bande-son du 4 mai 1978 de G\u00e9ronimo (derni\u00e8re repr\u00e9sentation) que j\u2019\u00e9coute toujours avec un rare plaisir, un petit montage ( pi\u00e8ce int\u00e9grale, 1h40) revisit\u00e9 avec 10 photos qui me restaient et d\u2019autres exhum\u00e9es par Christian Segurens, plus un prologue ad-hoc d\u2019Andr\u00e9 \u00e9crit plus tard en 1998,<br> Et aussi le texte en occitan \u00ab San Jorgi Roc \u00bb, \u00e9crit et jou\u00e9 par Andr\u00e9 apr\u00e8s la mort de Jo, en 1997-1998, pour lequel j\u2019ai aussi fait un montage revisit\u00e9 avec des photos p\u00eale-m\u00eale de Jo dans ses 23 ou 24 participations \u00e0 des pi\u00e8ces de la Compagnie, plus le prologue \u00e9crit pour l\u2019occasion en 1998 et dans lequel Andr\u00e9 pr\u00e9cise les contours de sa relation \u00e0 la langue Occitane,<br> et \u00e0 la demande de Pascale qui collectait des textes sur Jo, j&rsquo;ai revisit\u00e9 quelques situations\u2026<br><br>Dans les ann\u00e9es 68, Jo \u00e9tait cheminot et communiste convaincu. On le croise un petit matin d\u2019hiver avec ses potes dans un bar pr\u00e8s des Carmes, lui avec ses colleurs et colleuses d\u2019affiches, et nous, les situ-gauchistes (c.\u00e0.d. Claude G. et moi-m\u00eame), au bout d\u2019une nuit de d\u00e9rive, \u00e0 d\u00e9tourner et calciner d\u2019autres affiches\u2026C\u2019\u00e9tait notre premi\u00e8re rencontre en dehors du th\u00e9\u00e2tre. Il avait \u00e0 cette heure embu\u00e9e encore de l\u2019\u00e9nergie pour essayer de nous convertir \u00e0 la ligne des masses en regrettant la main de fer du camarade Joseph Djougachvili\u2026 Cette outrance pagnolo-stalinienne m\u2019intriguait sans convaincre, mais je la trouvais plus s\u00e9duisante que la litanie des contritions penaudes alors en vogue.<br> A&nbsp;bout de convictions, un argument ind\u00e9passable lui apparut. Il \u00e9tait et serait toujours pr\u00eat, me dit-il, \u00e0 payer de son corps vigoureux et de ses \u00ab sentiments \u00bb pour obtenir d\u2019une femme qu\u2019elle pr\u00eet, exauc\u00e9e, la carte du Parti et finisse par adh\u00e9rer\u2026(la parole originale \u00e9tait bien plus verte!)<br> Le jour se levait. Ses copines militantes avaient du rose aux joues et des \u00e9toiles dans les yeux.<br> Il avait la mauvaise foi grandiose d\u2019un tor\u00e9ador, mais sa pr\u00e9sence \u00e9tait naturellement protectrice. Il avait une moto Ducati desmo 350 qui slalomait dans les virages comme sur un rail disait-il. On a beaucoup rigol\u00e9 ensemble par la suite.<br><br> En 1998, apr\u00e8s que Jo e\u00fbt fini de se consumer, j\u2019ai propos\u00e9 \u00e0 Andr\u00e9 d\u2019aller enregistrer \u00ab San Jorgi Roc \u00bb dans les bois. On a pris la petite Fiat bleu turquoise, on a cherch\u00e9 et trouv\u00e9, au dessus de Tavel, une lisi\u00e8re devant quelques pins oubli\u00e9s s\u00e9par\u00e9s par une bande de terre retourn\u00e9e, parsem\u00e9e d\u2019\u00e9clats de pierre. On s\u2019est tanqu\u00e9s l\u00e0. J\u2019avais bricol\u00e9 une perche st\u00e9r\u00e9o qui ressemblait aux cornes en bois qu\u2019on utilise dans les \u00e9coles taurines pour simuler le toro. Pas un souffle de vent, pas un oiseau, nul t\u00e9moin, un silence de page blanche. Andr\u00e9 \u00e0 d\u00e9bit\u00e9 son po\u00e8me sans interruption pendant quarante minutes les pieds dans la caillasse, et je n\u2019ai pas boug\u00e9 d\u2019un pouce non plus, les bras tendus. \u00c9trange face \u00e0 face.<br> La c\u00e9r\u00e9monie termin\u00e9e, de retour au th\u00e9\u00e2tre, aucune parole pas le moindre commentaire durant le trajet. On e\u00fbt dit que nous venions de commettre un acte fatal \u00e9pouvantable.<br> La situation s\u2019est \u00e9claircie depuis. Mon projet d\u2019aller gueuler le po\u00e8me dans la for\u00eat n\u2019\u00e9tait pas innocent, cela avait \u00e0 voir avec la lycanthropie et les hurlements de loup dont Andr\u00e9 m\u2019avait instruit quelquefois. Dans le texte en Occitan, utilis\u00e9 comme proto-langue matricielle, il invoque et appelle le fr\u00e8re sans cesse pour qu\u2019il parle encore de vive voix, \u00ab oun te sies..oun te sies \u00bb, et comme dans la pi\u00e8ce Xerx\u00e8s, mais c\u2019est du th\u00e9\u00e2tre, l\u2019invocation de Darius aboutit \u00e0 le ressusciter et il parle. L\u00e0, nous \u00e9tions sortis du th\u00e9\u00e2tre, de ses codes, et nous jouions avec des sortil\u00e8ges qui sont plut\u00f4t le lot des mages. Jo s\u2019est sans doute incarn\u00e9 ici d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, au del\u00e0 de toute attente, et la garrigue de terre rouge dans laquelle nous \u00e9tions plant\u00e9s n\u2019y est pas \u00e9trang\u00e8re. Pour Andr\u00e9, il ne pouvait y avoir de t\u00e9moin \u00e0 ces extravagances et d\u00e8s lors, entre nous, un pacte de silence enveloppa tranquillement la situation.<br> Quelques jours plus tard, il ajouta \u00e0 ma demande un prologue pour le C.D. G\u00e9ronimo \/ San Jorgi Roc, avec la m\u00eame \u00e9conomie de moyens et de mots.<br> Parfois je revois aussi cette sc\u00e8ne comme une variante de l\u2019Ang\u00e9lus de Millet, entre mecs et sans la brouette, mais avec l\u2019interpr\u00e9tation analytique qu\u2019en fait Salvador Dali dans un bouquin rigolo qu\u2019on trouve encore en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-1 wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/jo-andre-angelus.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/jo-andre-angelus.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2798\" width=\"210\" height=\"133\" srcset=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/jo-andre-angelus.jpg 1122w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/jo-andre-angelus-300x191.jpg 300w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/jo-andre-angelus-768x489.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.edition-originale.com\/fr\/litterature\/editions-originales\/dali-le-mythe-tragique-de-langelus-de-1963-57324\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-angelus.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2134\" width=\"207\" height=\"163\" srcset=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-angelus.jpg 800w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-angelus-300x235.jpg 300w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-angelus-768x601.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-crumb002.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-crumb002.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2131\" width=\"214\" height=\"135\" srcset=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-crumb002.jpg 1546w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-crumb002-300x190.jpg 300w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-crumb002-768x487.jpg 768w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/dali-crumb002-1536x975.jpg 1536w\" sizes=\"(max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/a><\/figure><\/div><\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Vingt ans apr\u00e8s, le pacte s\u2019est \u00e9vapor\u00e9, et cette \u00e9vocation est peut-\u00eatre le dernier stratag\u00e8me pour les entendre encore, le grand fr\u00e8re et le petit fr\u00e8re, inou\u00efs.<br><br>JMP \/ 2017<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/cahiersb\/Geronimo piece integrale captation.mp3\"><\/audio><figcaption>G\u00e9ronimo, version int\u00e9grale 3 acteurs (Andr\u00e9 et Georges Benedetto, Madeleine Ravel)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/cahiersb\/San Jorgi Roch part 1.mp3\"><\/audio><figcaption>San Jorgi roch, Andr\u00e9 Benedetto, part 1<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/cahiersb\/San Jorgi Roch part 2.mp3\"><\/audio><figcaption>San Jorgi roch, Andr\u00e9 Benedetto, part 2<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2><br>P\u00e8lerinage de nuit \u00e0 l&rsquo;olivier, Tavel 2013<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-2 wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<p><em>D\u00e9cor pos\u00e9: Une toile peinte,&nbsp;la ronde de nuit de Rembrandt<\/em><br><br><br>L\u00e0, nous passons devant ce qui f\u00fbt la maison de Jean-Marie Lamblard, qui a \u00e9t\u00e9 la cheville ouvri\u00e8re de la Compagnie des Carmes \u00e0 ses d\u00e9buts et qui vivait ici avec son fr\u00e8re et ses parents.<br> Cort\u00e8ge sombre dans la nuit nocturne. Suite fun\u00e8bre ou messe noire? Nous sommes le dimanche 27 octobre 2013 \u00e0 Tavel. Dans un temps qui pour moi est un temps chim\u00e9rique dans lequel je suis une ombre projet\u00e9e dans un espace immat\u00e9riel qui ne m&rsquo;appartient plus. Franc\u00e8s nous a affubl\u00e9s , Guy L. et moi-m\u00eame, d&rsquo;un flambeau minuscule pour \u00e9clairer la route.<br> Nous longeons les poulaillers. Derri\u00e8re il y avait le labo photo de Jean-Marie et un millier de pintades en semi libert\u00e9. J&rsquo;entends sans magn\u00e9tophone la voix de son fr\u00e8re Yves disant son po\u00e8me \u00ab le soleil et la pluie\u00bb, j&rsquo;entends cette voix qui \u00e9tait travers\u00e9e d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 et crois\u00e9e avec le son de la corde bourdon d&rsquo;une vielle \u00e0 roue, une voix monodique qui psalmodie un cri doux et satur\u00e9 d&rsquo;oiseau de nuit.<br> Claude G. n&rsquo;est pas venu participer \u00e0 cette \u00e9trange c\u00e9r\u00e9monie. Je suis seul \u00e0 connaitre cela. Avec le flambeau, je pense que le sort me d\u00e9signe comme le dernier gardien des enfers, de la crypte. Nous passons. La voix d&rsquo;Yves continue le po\u00e8me. C&rsquo;est un po\u00e8me d&rsquo;amour inou\u00ef. Il \u00e9tait inspir\u00e9 d&rsquo;un autre, comme un repeint. Mais il \u00e9tait cousu d&rsquo;un fil invisible. Chaque lettre trac\u00e9e avec des trous d&rsquo;\u00e9pingle dans un papier de cahier \u00e0 spirale, surpiqu\u00e9 par le temps pass\u00e9 \u00e0 faire cicatrice entre les lignes. Il est un temps sans tempo et sans bord, il est avant nous et longtemps apr\u00e8s toujours&#8230;<br> Nous nous dirigeons vers un olivier plant\u00e9 en hommage au Po\u00e8te Benedetto dans ce qui \u00e9tait un terrain vague \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. L\u00e0 o\u00f9 nous faisions les f\u00eates et les m\u00e9chouis. L\u00e0 o\u00f9 des italiens de Spol\u00e8te avaient jou\u00e9 en 1968 un \u0152dipe peut-\u00eatre avec les colonnes du fond, l\u00e0 o\u00f9 commen\u00e7aient herbes folles et caillasse.<br> Plus personne pour attester de cela, mais qui parle en dernier ?<br><\/p>\n\n\n\n<p>La jeune femme se cale sous l&rsquo;olivier son texte \u00e0 la main, un po\u00e8me d&rsquo;Andr\u00e9 sur les arbres, un po\u00e8me modeste.<br>G. de l&rsquo;autre cot\u00e9, un peu en recul, fait la sym\u00e9trie. En G\u00e9orgie j&rsquo;ai vu ces sortes de cariatides baroques portant flambeau et soutenant la vo\u00fbte \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e des th\u00e9\u00e2tres. Maintenant, nous soutenons de justesse l&rsquo;insoutenable nuit.<br>Je me suis plant\u00e9 l\u00e0 derri\u00e8re elle \u00e0 cot\u00e9 de l&rsquo;arbre pour \u00e9clairer sa feuille avec mon allumette.<br>C&rsquo;est une jeune actrice \u00e9tonnante de verdeur dans la voix et d&rsquo;une \u00e9pure totale dans les artifices. Elle est des C\u00e9vennes. Elle ne sait pas qu&rsquo;elle sait. Elle est \u00e0 l&rsquo;aube de sa vie. Un coup elle montre l&rsquo;olivier, un coup elle d\u00e9signe la nuit. C&rsquo;est tout pour la chor\u00e9graphie.<br>Je titube dans l&rsquo;immobilit\u00e9, avec cette flamme qui vacille.<br>Elle va jusqu&rsquo;au bout de son chemin sans faiblir. Elle a une pointe d&rsquo;accent dont elle joue sensiblement. Les mots sont en suspens dans l&rsquo;air, sans corps, trac\u00e9s. Il y a des odeurs de terre cram\u00e9e par le soleil et de garrigue dans sa voix. Elle pioche elle lutte avec ce texte. Elle sait qu&rsquo;il faut cela pour tirer du vin de ces contr\u00e9es arides, que ce n&rsquo;est jamais gagn\u00e9. Elle sait cela depuis toujours. Personne ne le lui a appris. Elle sait cela.<br>Le guetteur ferme un \u0153il, je ne suis pas seul \u00e0 savoir, finalement.<br>Ces emballements oniriques qui nous traversaient alors ici m\u00eame et que le noir enveloppe \u00e0 tout jamais, invisibles aux yeux de tous, dont nous marquons la cl\u00f4ture en cet instant, la nuit nocturne, la nuit des paroles, l&rsquo;envers du mourir, les l\u00e8vres suspendues \u00e0 la nuit, proph\u00e9tie pour des lucioles.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette actrice finalement, elle est rieuse, elle parle aux ombres mais elle s&rsquo;en fout, elle a la vie devant elle, pleine de promesses.<br>Elle pourrait s&rsquo;\u00eatre extirp\u00e9e des sabbats nocturnes qui se tenaient l\u00e0 sous ses pieds il y a longtemps et y retourner danser apr\u00e8s, incognito,<br>mais non, elle est d\u00e9tach\u00e9e de cette t\u00e2che.<br>Elle dit \u00e0 peine, mais c&rsquo;est entre les mots qu&rsquo;elle lit, c&rsquo;est entre les dents du verbe, je vous d\u00e9lie \u00e9galement de tout.<br>Tout flottement \u00e9gal.<br>Les arbres restent et les oiseaux volent de branche en branche, tant que nous parlons des fous aux pierres, aux farfadets.<br>Foin des cataplasmes mais rem\u00e8de quand il n&rsquo;y a plus de rem\u00e8de, le conte, le th\u00e9\u00e2tre des lieux, le th\u00e9\u00e2tre hantique, les paroles de vent, la veille, les simagr\u00e9es.<br>Tourmenter et puis soigner et puis s&rsquo;\u00e9loigner,<br>finalement.<br>Le gardien sto\u00efque du temple de l&rsquo;oubli \u00e9teint son s\u00e9maphore.<br>\u00ab\u00a0le veilleur de nuit tambourine<br>Nous nous reposerons\u00a0\u00bb.<br>La nuit est claire,<br>Finalement.<br>Et c&rsquo;est enfin la fin d&rsquo;un \u00e9pisode dat\u00e9 approximativement, <br>difficilement cern\u00e9, <br>inachevable<br><br><em>( \u00e9pisode tel quel ).<\/em><br><em>JMP \/28 \/10\/2013<\/em><br><br><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-large-font-size\">Bernard Lubat solo, carte et territoires, au Th\u00e9\u00e2tre des Carmes, avril 2023<\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p>Deux espaces cubiques. Au fond, le mur d\u00e9cr\u00e9pi du Th\u00e9\u00e2tre des Carmes surplombe la sc\u00e8ne et son manteau. Lieu vernaculaire, celui de la langue du po\u00e8te Andr\u00e9 Benedetto. A l&rsquo;origine cet espace \u00e9tait ferm\u00e9 aux yeux des spectateurs par un autre mur qui faisait office d&rsquo;\u00e9cran de cin\u00e9ma. Les pi\u00e8ces se jouaient dans le premier cube, \u00e0 m\u00eame le ciment du sol, acteurs et spectateurs entrem\u00eal\u00e9s. Dans le second cube, invisible, au milieu d&rsquo;un fourbi de d\u00e9cors et costumes se trouvait un vieux piano \u00e0 queue d\u00e9glingu\u00e9 avec lequel on faisait de la musique concr\u00e8te de nuit en grattant les cordes de basse. Maintenant, apr\u00e8s que l&rsquo;\u00e9cran eut \u00e9t\u00e9 crev\u00e9, on a un vrai th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;italienne, avec une salle emplie de fauteuils rouges et une sc\u00e8ne en ch\u00eane massif. Au fond, le mur d\u00e9cr\u00e9pi reste gardien du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>15 avril 2023, Bernard Lubat a pos\u00e9 en bord de sc\u00e8ne les objets du d\u00e9lit, ses iles, \u00e9quitables, une batterie \u00e0 gauche, un micro sur pied, une petite table couverte d&rsquo;instruments en plastique, un accord\u00e9on avachi sur une chaise pliante, un autre micro, une plaque de t\u00f4le r\u00e9fl\u00e9chissante couverte d&rsquo;\u00e9critures blanches, \u00e0 droite. Au centre du circuit, un peu en retrait, un piano \u00e0 queue Steinway noir brillant surmont\u00e9 de trois po\u00eales \u00e0 frire. Quelques lampes de chevet \u00e9clairent le tout. <br><br>L&rsquo;acteur-auteur entre avec ce l\u00e9ger balancement qui deviendra swing quand il atteindra le bout de ses doigts. Pour l&rsquo;heure ce sont les mots, un long pr\u00e9liminaire de mots, dans la g\u00e9henne des mots, puis le liminaire, puis le prologue et tout ce qui s&rsquo;en suit. Dans une langue qu&rsquo;il qualifie de \u00ab\u00a0poi\u00eblitique\u00a0\u00bb, ou le lapsus est g\u00e9n\u00e9rateur de sens, Lubat d\u00e9tache les \u00e9clairs d&rsquo;une conscience insomniaque, assidument, avec une \u00e9locution claire, dans un tempo que rien ne semble pouvoir interrompre. R\u00e9futation de la virtuosit\u00e9 savante des chiens de cirque, des palmes, des flagorneries et des exploitations marchandes. Toujours dans un espace li\u00e9 entre voir et dire, entre marteau et enclume. Le glissements des sens, Edouard Glissant sans glissando, Deleuze, F\u00e9lix, Guattari, les signifiants vides &#8230;<br>Au bout de quarante minutes la suite aphoristique \u00e0 fait son chemin, toujours sans la moindre m\u00e9lodie, mais suivant un rythme de marcheur pour acte \u00e9pique. <br>Travers\u00e9e de la sc\u00e8ne, pose de l&rsquo;accord\u00e9on \u00e0 terre, le\u00e7on de chant. Du vagissement au chant, du borborygme \u00e0 la vocalise, le commencement de la m\u00e9lop\u00e9e, le cazou au bec.<br>Finalement, c&rsquo;est un long pr\u00e9lude amoureux, travers\u00e9 de contre-temps, d\u00e9jou\u00e9, une attente \u00e9rotique. Une lente approche. La lecture des notes avant de jouer des notes. L&rsquo;extase, \u00e7a se m\u00e9rite, l\u2019app\u00e9tit venant avec un peu d&rsquo;exercice vocal. <br><br>A pas mesur\u00e9s, direction piano.<br>Quatre s\u00e9quences de cordes frapp\u00e9es.<br>Lubat est un sismographe branch\u00e9 sur son magma int\u00e9rieur avec des antennes en surface, genre \u00e9tat d&rsquo;urgence, les neurones directement connect\u00e9s aux mains. La pudeur est un manteau froid qui g\u00e9n\u00e8re des pressions \u00e9ruptives.<br>Quand on peut entendre sa propre pens\u00e9e entrer en r\u00e9sonance, d\u00e9pouill\u00e9e de ses it\u00e9rations contenues &#8211; des fulgurances  &#8211;  emballements et replis &#8211; explosion combinatoire du sens &#8211; tachycardie de l&rsquo;\u00e2me &#8211; syncopes de l&rsquo;oubli &#8211;  alors l&rsquo;\u00e9quation se r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression &#8211; devient irr\u00e9ductible &#8211; d&rsquo;o\u00f9 ce sentiment de pl\u00e9nitude &#8211; mais que tout aveu ou cons\u00e9cration vont disloquer. Orph\u00e9e, ne te retourne pas!<br><br>Puis l&rsquo;accord\u00e9on, piano \u00e0 bretelles, vient s&rsquo;harnacher au corps du r\u00e9cit.<br>L&rsquo;objet chromatique saisi d&rsquo;une main, agonisant de l&rsquo;autre jusqu&rsquo;au sol, il produit un g\u00e9missement, un accord soutenu, et de l\u00e0 surgit alors le cri. Un infracassable hurlement de b\u00eate du Vacar\u00e8s, le long mugissement d&rsquo;un taureau minotaure.<br>Quand Bernard se d\u00e9place physiquement ou quand il brame \u00e0 l&rsquo;accord\u00e9on, on pourrait voir surgir Orson Welles dans Falstaff, une Jeanne Moreau coquine lui tirant la barbe.<br>Dans le \u00ab\u00a0danseur des solitudes\u00a0\u00bb, Georges Didi-Huberman qualifie le danseur Israel Galvan de \u00ab\u00a0danseur des arr\u00eats\u00a0\u00bb. Il le compare, avec l&rsquo;aide de Bergamin, aux toreros Belmonte et Joselito sur des figures syntaxiques communes. Le \u00ab\u00a0remate\u00a0\u00bb (rematar), faire de l&rsquo;arr\u00eat une figure, et le \u00ab\u00a0temple\u00a0\u00bb (templar), l&rsquo;art du ralentissement et de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci ne parlera qu&rsquo;aux aficionados, mais Bernard Lubat est \u00e0 la fois taureau et torero. Il se tor\u00e9e lui-m\u00eame, avec ces m\u00eames figures. Peut-\u00eatre est-il plus danseur qu&rsquo;il n&rsquo;y parait. C&rsquo;\u00e9tait un sujet de conversation quand nous marchions lentement en plein cagnard un \u00e9t\u00e9 de 2006, du Th\u00e9\u00e2tre des Carmes \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Sade o\u00f9 il jouait avec Andr\u00e9 Benedetto l&rsquo;implosion de Cl\u00e9ment V. Confront\u00e9 au ravissement, le ravisement comme figure de style est-\u00e9thique, rem\u00e8de irr\u00e9m\u00e9diable \u00e0 la mort. <br>Je convoque l&rsquo;autoportrait de Rembrandt \u00e0 la ronde de nuit, juste pour la forme. C&rsquo;est bien un autoportrait de l&rsquo;acteur dessinant sa carte et son territoire au milieu des humains, auquel nous assistons. Les silences et les pauses en sont les fronti\u00e8res trac\u00e9es au rasoir. Les balles de ping-pong qui tintinnabulent sur les cordes du Steinway, les canettes de soda froiss\u00e9es qui swinguent, une moulinette en plastique, c&rsquo;est encore du Lubat et dans le silence d&rsquo;avant les mots, la glossolalie fait ses arp\u00e8ges. <br>Le coup de batterie, un tour de force. Deux grosses baguettes de clown pour dire, attention, voil\u00e0 un num\u00e9ro de cirque impos\u00e9, magistral, poum, entre parenth\u00e8ses, tchac.<br>Et pour commencer de finir, deux exercices encore assis face au clavier. Le premier avec fl\u00e9chettes ping sur po\u00eale \u00e0 frire, et le dernier en chanson r\u00e9volue, \u00ab\u00a0avec le temps\u00a0\u00bb, l\u00e9o Ferr\u00e9 &#8230; \u00ab\u00a0avec le temps, va, tout s&rsquo;en va &#8230; et l&rsquo;on se sent tout seul peut-\u00eatre, mais peinard&#8230;\u00a0\u00bb<br><br>A cet instant, une esquisse de fin s&rsquo;est faufil\u00e9e, <br>le miroir, intact, faisant signe en dernier, il faudra bien finir de commencer.<br>Dans la cuisine sonore de Bernard Lubat, on a vu souvent enclumes, t\u00f4les suspendues, ailes de voitures et pare-chocs qui vont crisser ou \u00eatre frapp\u00e9s de stupeurs arithm\u00e9tiques.<br>Mais ici ce miroir n&rsquo;en est pas un, c&rsquo;est une plaque de r\u00e9flexion inoxydable, couverte d&rsquo;\u00e9critures blanches, \u00e0 travers lesquelles filtre dans le vide des mots, le visage de l&rsquo;acteur-auteur, page blanchie au pinceau, palimpseste en n\u00e9gatif, interminable repeint. Il est habit\u00e9 par quelque diable venant r\u00e9clamer son d\u00fb au docteur Faust. Mais qui de l&rsquo;acteur ou de l&rsquo;auteur est le malin ? Dans ce th\u00e9\u00e2tre la question fut pos\u00e9e en son temps.<br><br>L&rsquo;acteur se ravise, se confronte \u00e0 l&rsquo;objet sp\u00e9culaire, le saisit \u00e0 bras le corps pour lui faire rendre gorge, le secoue comme un prunier, le sature de r\u00e9ponses sans question, disparait dans son ombre, questionne encore, d\u00e9tache l\u2019\u0153il de l&rsquo;auteur de son orbite et fait parler la mort insatiable. <br><br>A la fin de tout, la carte est dessin\u00e9e. Une biblioth\u00e8que de Babel avec des pays qui se touchent se chevauchent et se brouillent, l&rsquo;alphabet des paroles et des mots-dits, l&rsquo;infinie variation des 27 signes de l&rsquo;\u00e9criture, le son des coups de patte, le registre intemp\u00e9rant du clavier bien temp\u00e9r\u00e9, l\u2019id\u00e9ogramme des corps, le catalogue des regrets et le chant des baleines. <br>Le territoire, plus vaste, c&rsquo;est l&rsquo;Histoire.<br>Cartographie inachevable d&rsquo;un testament de conscience avec un gros nez rouge. <br><\/p>\n\n\n\n<p>La boucle du marathon express aller-retour sans retour est ainsi close. Acte unique, aust\u00e8re, ext\u00e9nu\u00e9, irr\u00e9ductible, non duplicable, sans suite imm\u00e9diate envisageable, frang\u00e9 d&rsquo;effacement. <br>Dans ce th\u00e9\u00e2tre j&rsquo;ai eu quelquefois ce vertige, l&rsquo;espace d&rsquo;un r\u00e9cit avec Benedetto, quand l&rsquo;acteur-auteur se consume au millim\u00e8tre jusqu&rsquo;au dernier souffle au c\u0153ur. Avec le temps et contre-temps. Ici les murs ont peut-\u00eatre encore des oreilles en forme de radar pour entendre entre dire et voir. <br>Bernard, tu as jou\u00e9 tes notes bleues et tes notes de bas de page tr\u00e8s exactement sur le clavier de mon \u0153il d&rsquo;oiseau r\u00e9tif. Cela me fait un bien \u00e9ternel. Merci.   <br><\/p>\n\n\n\n<p>JMP 22\/08\/23<br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>\u00ab\u00a0Cela commen\u00e7a sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines m\u00eame quand, la fanfare tournant, nous serons rendu \u00e0 l&rsquo;ancienne inharmonie. \u00d4 maintenant, nous si dignes de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite \u00e0 notre corps et \u00e0 notre \u00e2me cr\u00e9\u00e9s : cette promesse, cette d\u00e9mence ! L&rsquo;\u00e9l\u00e9gance, la science, la violence ! On nous a promis d&rsquo;enterrer dans l&rsquo;ombre l&rsquo;arbre du bien et du mal, de d\u00e9porter les honn\u00eatet\u00e9s tyranniques, afin que nous amenions notre tr\u00e8s pur amour. Cela commen\u00e7a par quelques d\u00e9go\u00fbts et cela finit,&nbsp;\u2014&nbsp;ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette \u00e9ternit\u00e9,&nbsp;\u2014&nbsp;cela finit par une d\u00e9bandade de parfums&#8230;\u00a0\u00bb <br>Arthur Rimbaud &#8211; Matin\u00e9e d&rsquo;ivresse<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/bernard-lubat-solo-images\/\">images<\/a><\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h1 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-large-font-size\"><br><br>notes l\u00e9g\u00e8res \u00e9parpill\u00e9es <br><\/h1>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">sans que ni textes<\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>Arles, d\u00e9cembre 2003<\/h3>\n\n\n\n<p>Grande crue centennale du Rh\u00f4ne. Arles entre dans le si\u00e8cle. L\u2019eau monte lentement bien au del\u00e0 des plus anciens souvenirs. J\u2019ai construit un barrage de bric et de broc face \u00e0 cette insistance. Ca fuit de partout. Il faut accepter l\u2019imperfection. J\u2019en construis un autre dans le couloir, et du petit bassin cr\u00e9\u00e9 je rejette l\u2019eau avec une pompe de cale improvis\u00e9e, comme dans les rafiots perc\u00e9s. \u00c7a va tenir le temps qu\u2019il faut. La puissance et le bruit du fleuve sont fascinants. Les crues du Nil ont nourri l\u2019Egypte dit-on. <br>Le troisi\u00e8me jour, une mouette se pose sur la martelli\u00e8re, un rameau d\u2019olivier dans le bec.<br>L\u2019eau est obs\u00e9d\u00e9e par l\u2019interstice. Elle finit par s\u2019inviter \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des pages et p\u00e9n\u00e8tre particuli\u00e8rement bien les livres pos\u00e9s au sol. Le limon est une colle \u00e9tonnante. D\u2019une biblioth\u00e8que il fait un bloc de pierre aussi sec.<br>Pour \u00e9viter la p\u00e9trification des bouquins, il faut les doucher d\u00e9licatement, puis les faire s\u00e9cher, jupons en l\u2019air, tels des accord\u00e9ons d\u00e9pli\u00e9s.<br>Gondol\u00e9s mais ouverts, on les butine, on les relit d\u2019un doigt. C\u2019est d\u00e9routant, un livre exhibitionniste, avec ses recti-lignes pos\u00e9es sur des surfaces courbes ou chiffonn\u00e9es, et qu\u2019on ne peut plus refermer.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9ogramme des corps, la force vide des visages, le retour des cigales,<br>m\u00e9moires insubmersibles<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br>5\/7\/2014\/ place Paul Doumer<\/h3>\n\n\n\n<p>le moment voulu est un moment donn\u00e9<br> \u00ab\u00a0il le voulait depuis toujours\u00a0\u00bb<br> le non-vouloir l&rsquo;a mu\u00e9 en don<br> survenant hors de l&rsquo;attente<br> \u00e0 l&rsquo;occasion<br> dans la tessiture de tout ce qui survient<br> ne vivant vraiment que de nuits<br> au bord de l&rsquo;\u00e9criture<br> tu as souvent confondu cela avec la musique noire du \u00ab\u00a0Duende\u00a0\u00bb<br> l&rsquo;attente n&rsquo;attend plus<br> en buvant un th\u00e9 \u00e0 la menthe.<\/p>\n\n\n\n<p><em>jmp\/2014<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>Vall\u00e9e d&rsquo;Ossau \/ 2003<\/h3>\n\n\n\n<p>Non pas simuler les nuages, mais un d\u00e9sordre\nd&rsquo;effacements.<br>\nd&rsquo;o\u00f9 vient le flottement.<br>\napr\u00e8s une nuit\ndans la montagne, arrim\u00e9&nbsp;\u00e0 un rocher prom\u00e9th\u00e9en, apr\u00e8s\navoir veill\u00e9 sur le sommeil des hommes, bord\u00e9 le gros \u00e9dredon de\ncoton, on se trouve soudain envahi par une odeur de soufre dans\nl&rsquo;oc\u00e9an de brume lente et que l&rsquo;on perd tout rep\u00e8re dans la\nsolitude du ciel.<br>\nface au ciel,<br>\nface \u00e0 la vall\u00e9e,<br>\nle\njour \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond de la vall\u00e9e in extr\u00e9mis, de petits jets de vapeur s\u2019emp\u00eatrant dans mes ficelles \u00e9clectriques, la question n\u2019\u00e9tait pas loin.<br>Suspens dans l\u2019air, immobile \u00e0 nouveau,<br>entre deux eaux.<br>Un archange noir a parl\u00e9 en langue \u00e9trang\u00e8re<br>des \u00abRheinfall\u00bb, de l\u2019\u00e9ternel retour, des larmes du plaisir.<br>Film\u00e9 l\u2019envol d\u2019un jeune vautour au port de B\u00e9on. <br>Il a embrass\u00e9 le paysage paisible avant de s\u2019y pr\u00e9cipiter, \u00e9tranger au monde d\u2019avant, d\u00e9pli\u00e9.<br>Architecture de ses clavicules d\u2019air, \u00e0 elle.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>Camargue \/ 2004<\/h3>\n\n\n\n<p>En Camargue, les couleurs satur\u00e9es sont fix\u00e9es dans la m\u00e9moire de l\u2019hiver. <br>Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 les cigales et les hommes ont la fi\u00e8vre surexpos\u00e9e.<br>Cette nuit, finalement, j\u2019ai dormi au-del\u00e0 de la suite des jours.<br>Le c\u0153ur des vieux indiens Hopis bat \u00e0 un rythme de palourde, et entre chaque sentence, on a le temps d\u2019aller faire un tour, jouer, boire un coup et revenir \u00e0 la maison, \u00e0 la belle heure.<br>On connait les histoires de rats des villes<br>et de rats des champs,<br>la sociologie des hy\u00e8nes et du chacal,<br>l\u2019 errances des loups esseul\u00e9s,<br>l\u2019anoxie du sang pa\u00efen.<br>Les fausses pistes, question sans objet!<br>Entre l\u2019irr\u00e9sistible d\u00e9sir de percer les myst\u00e8res en inventant des stratag\u00e8mes qui les d\u00e9voileront,&nbsp;et le plaisir b\u00e9at d\u2019entretenir, d\u2019arroser et d\u2019engendrer la vie qui nourrit la continuit\u00e9 de l\u2019esp\u00e8ce, toutes les pistes se valent et on a du temps pour se perdre ou se pendre.<br>Pas d\u2019\u00e9quilibre entre ces tensions, mais une suite de chutes qui sont le propre de la marche, qui dessine parfois, en arri\u00e8re de soi, <br>un chemin.<\/p>\n\n\n\n<p><em>jmp\/07\/2004<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>Duino, 07\/2005<\/h3>\n\n\n\n<p>Rodin \u00ab\u00a0le marcheur\u00a0\u00bb revisit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&#8230;<\/em> <em>Cette figure est significative encore \u00e0 un autre \u00e9gard. Elle indique dans l\u2019\u0153uvre de Rodin la naissance du geste. Ce geste qui grandit et atteignit peu \u00e0 peu une telle grandeur et une telle puissance, ici jaillissait comme une source qui ruisselait doucement le long de ce corps. Travaill\u00e9 dans l&rsquo;obscurit\u00e9 des premiers \u00e2ges, ce geste para\u00eet tout en grandissant marcher dans l&rsquo;\u00e9tendue de cette \u0153uvre, marcher comme \u00e0 travers tous les mill\u00e9naires, tr\u00e8s au-del\u00e0 de nous, jusqu&rsquo;\u00e0 ceux qui viendront. En h\u00e9sitant il s&rsquo;\u00e9ploie dans les bras lev\u00e9s; et ces bras sont encore Si lourds que l&rsquo;une de ces mains se repose d\u00e9j\u00e0 de nouveau au sommet de la t\u00eate. Mais cette main ne dort plus, elle se concentre; tout en haut, \u00e0 la cime du cerveau, o\u00f9 r\u00e8gne la solitude, elle se pr\u00e9pare au travail, au travail des si\u00e8cles dont on ne mesure pas la fin. Et dans le pied droit, attend, debout, un premier pas&#8230;&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>R.M. RILKE prose<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br>\u00e9loge de la fatigue<\/h3>\n\n\n\n<p><br>\u201cun homme qui dort \u201c de P\u00e9rec. J\u2019en suis.<br>M\u00eame conclusion chez l\u2019indien Hopi, mais sans retour entre les lignes.<br>Une araign\u00e9e dans l\u2019\u0153il de l\u2019ermite, qui ne dort jamais de l\u2019autre, s\u2019allume dans l\u2019intact d\u2019une pr\u00e9sence, le feu et l\u2019eau ayant partie li\u00e9e.<br>M\u00e9tabole inachevable, consomm\u00e9e, \u00e9puis\u00e9e,<br>indicibles amours,<br>invincible esquisse du jour naissant.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>oui inou\u00ef<\/h3>\n\n\n\n<p><br>Histoire d\u2019un \u201c oui \u201c inou\u00ef dans le \u00abPrince de Hombourg\u00bb \u00e0 Avignon, racont\u00e9e par Michael Meschke. Venu de Su\u00e8de en stop a vingt ans, il s\u2019est improvis\u00e9 journaliste et r\u00eave de rencontrer G\u00e9rard Philipe. Mais il retiendra surtout ce long \u201coui\u201d flottant prononc\u00e9 par Jeanne Moreau \u00e0 propos du gant d\u00e9rob\u00e9. Dans le velours noir d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 1951, le songe du Prince somnambule qui prend corps le submerge. \u00c9motion si parfaite, dit-il, qu\u2019il renonce sur-le-champ \u00e0 toute vell\u00e9it\u00e9 de devenir acteur, ne pouvant jamais esp\u00e9rer \u00e9galer cet instant.<br>A la suite de quoi, dans le secret r\u00e9duit de ce ravissement, reli\u00e9 \u00e0 Kleist peut-\u00eatre, il consacrera son \u0153uvre au Th\u00e9\u00e2tre de marionnettes.<\/p>\n\n\n\n<p><em>(dans la traduction de Orthmann \/ Recoin, la r\u00e9plique de Nathalie est seulement : \u201dle mien, celui que j\u2019attendais\u201d. On pourrait entendre dans le \u201coui\u201d liminaire appos\u00e9 par l\u2019actrice, une g\u00e9nuflexion qui pr\u00e9figure le sublime de l&rsquo;aveu \u00e0 venir, et qui finalement, l\u2019\u00e9ternise)<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br><br>2006\/ Arles, 20h, vis\u00e9e ouest<\/h3>\n\n\n\n<p>Alg\u00e8bres verticales travers\u00e9es par le cri effar\u00e9 d\u2019un animal cr\u00e9pusculaire, o\u00f9 tout \u00e0 \u00e9t\u00e9 dit, peu d\u00e9chiffr\u00e9, reste \u00e0 \u00e9crire, encore.<\/p>\n\n\n\n<p>dans ce presque rien qui fait signe,<br> les grands vents d&rsquo;ici effarouchent les sens.<br> la transparence est pr\u00e9sente dans ces partitions de musique sacr\u00e9e,<br> on attend une note, une pause, un soupir,<br> l&rsquo;\u00e9tirement du temps,<br> la retenue.<\/p>\n\n\n\n<p>il n\u2019y avait pas \u00e2me qui vive dans la Crau des Coussouls ce soir l\u00e0,<br>et je tergiversais \u00e0 travers cet inextricable rideau de chiendent et de galets pos\u00e9s en tas.<br>Il parait que les satellites viennent recalibrer ici leurs capteurs infra-rouge dans l\u2019immuable.<br>Cette terre est une Camargue fantasm\u00e9e, parce que ce n\u2019est pas la Camargue, c\u2019est le Coussoul de Marguerite la berg\u00e8re.<br>Et ce r\u00eave a exist\u00e9 ici jadis dans des auberges tapageuses, papilles \u00e9carquill\u00e9es, \u00e0 toutes faims futiles.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tend l&rsquo;adage, manger est suivi d&rsquo;une certaine somnolence et l&rsquo;app\u00e9tit viendrait plut\u00f4t avec la faim, l&rsquo;eau fra\u00eeche, et l\u2019amour qui accompagne.<br>Patience dans l&rsquo;obscur.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br><br>juillet 2012 \/ Arles<\/h3>\n\n\n\n<p>survivre sans fin sans doute<br>\u00e0 un baiser fraternel,<br>sur le front de son ami libraire ivre des livres, devenu d\u00e9sormais \u00e9trangement sans voix lui \u00e0 qui je disais \u201ctu as \u00e9t\u00e9 vaccin\u00e9 avec une aiguille de phonographe, tu n\u2019arr\u00eates jamais de parler\u201d,<br>se tenir compagnie,<br>attendre qu\u2019il ouvre un \u0153il,<br>attendre un signe de ses grandes ailes,<br>attendre qu\u2019il ait fini de boire la derni\u00e8re goutte de sa cig\u00fce.<br>Pour finir encore et autres foirades.<br>Notre commune solitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Et reviennent les fant\u00f4mes brasseurs d\u2019air, les emprises, les froissements d\u2019elles qui rompent le charme des&nbsp;\u00e9lans fraternels, Dieu sait pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis pr\u00e9parer un caf\u00e9, allumer la t\u00e9l\u00e9, voir le pape chor\u00e9graphi\u00e9 par Pina Bausch, \u00e9tendre le linge, regarder l\u2019heure (cinq heures du matin \u00e0 peu pr\u00e8s ), mais revenons sur nos pas.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>Pause \/ rewind<\/h3>\n\n\n\n<p>il y a un bruit qui manque, un faux mouvement sec, une maladresse infiniment pr\u00e9cieuse au plus tr\u00e9fond.<br>ne pas se pencher ni penser au del\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent endormi au milieu des ordinateurs en d\u00e9sordre, pinceaux et danseurs derviches, miroir \u00e0 neurones, je n\u2019\u00e9cris plus, parle peu et me grise vite.<\/p>\n\n\n\n<p>En&nbsp; orientant la parabole auriculaire qui me reste \u00e0 peine&nbsp;au-dessus de la ligne d\u2019horizon, j\u2019entends sans cesse un souffle interminable qui n\u2019est pas n\u00e9 du silence, voyage par ricochet et&nbsp;coule de source, \u00e9trange et familier.<\/p>\n\n\n\n<p>Un visage interroge l\u2019\u00e9vidence qui le d\u00e9vore..<br>Voici \u00e0 nouveau la page effac\u00e9e<br>des commencements.<\/p>\n\n\n\n<p>Cantil\u00e8ne:<br>Commence&nbsp;ce jour avec lenteur, raye paresseusement la nuit, cong\u00e9die, dans l\u2019inconnu, ton r\u00eave. Ouvre un \u0153il \u00e0 demi-voix, touche ravisseur le sommeil d\u2019un autre corps, ausculte l\u2019\u00e9rection matinale, <br>\u00e9coute la bruine au dehors,<br>et vice<br>versa.<\/p>\n\n\n\n<p>Replay \/ pause<br>2005 JMP<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br>Irr\u00e9versible, c&rsquo;est \u00e0 Manosque en 1980&#8230;<\/h3>\n\n\n\n<p> <br>Avant le feu d\u2019artifice, grande fatigue, le cirque \u00ab Alligre \u00bb, un dompteur de rats qui se confiera plus tard aux chevaux, le trap\u00e9ziste \u00ab Paillette \u00bb qui cr\u00e8ve litt\u00e9ralement le toit du chapiteau, \u00abReine\u00bb la papesse et Michel Brachet le \u00abdiable blanc\u00bb, fr\u00eale funambule gravissant lentement sur son fil la nuit caniculaire. Je lui ai fix\u00e9 des cascades pyrotechniques aux extr\u00e9mit\u00e9s du balancier qui mettent illico le feu \u00e0 la garrigue,<br>Le maire de la ville, pompier de service, pisse sur les braises,<br>et finalement les flammes d\u2019herbes s\u00e8ches plus fortes que tous les artifices et les tours de force..<br>Au degr\u00e9 z\u00e9ro de la combustion, la contagion est sans mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1982 au mus\u00e9e des Beaux-Arts de Pau, Kinie Araguas \u00e9chafaude une installation de coquillages \u00e9clat\u00e9s percutant une table en verre,<br>\u201cla chute d\u2019Icare\u201d.<br>A quelques pas de l\u00e0, le \u00abdiable blanc\u00bb ex\u00e9cute un num\u00e9ro \u00e0 v\u00e9lo, tombe de son fil et meurt.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la pesanteur, m\u00eame ce qui est fabuleux<br>inexorablement touche terre.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;apocalypse de Jean est une all\u00e9gorie qui annonce \u00e9galit\u00e9 entre commencement et fin, <br>et pour ne pas mourir seul, suicide g\u00e9n\u00e9ral !<br> Entretemps, \u00e9clairs et soubresauts !<br> la litt\u00e9rature est un mouvement de foi.<br> la litt\u00e9rature est une planche vermoulue de salut au dessus du vide.<br> la pesanteur terrestre est une composante de l&rsquo;attirance<br> des corps les uns pour les autres relativement restreinte.<br><br>Relue dans des versions diff\u00e9rentes, cette fable folle, impr\u00e9catoire, peut s&rsquo;appliquer aux vall\u00e9es \u00e9troites, aux rituels nocturnes de la transhumance et aux ciels obscurs et rouges.<br>(Dans la pi\u00e8ce de Benedetto sur les \u00e9v\u00e8nements de G\u00e8nes, une r\u00e9plique disqualifie l&rsquo;apocalypse <br>en suicide collectif petit bourgeois\u2026)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br>2020 \/ mauvaise humeur rien \u00e0 \u00e9crire<\/h3>\n\n\n\n<p><br><em>Tout art tire son origine d&rsquo;un d\u00e9faut exceptionnel.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3>2021 \/ frivolit\u00e9s et remords, la lecture diagonale<\/h3>\n\n\n\n<p> <br>j\u2019aurais du pouvoir vouloir vouloir, mais Bergson pr\u00e9tend que c\u2019est impossible.<br>j\u2019aurais du lire Proudhon et jusqu\u2019au bout, quand, avis contraire, la propri\u00e9t\u00e9 n\u2019est plus le vol.<br>j\u2019aurais du lire Feuerbach avant les Grundrisse et ne pas me contenter des onze th\u00e8ses de K.Marx.<br>j\u2019aurais du lire les \u201ccommentaires\u201d avant \u201cla soci\u00e9t\u00e9 du spectacle\u201d de G.Debord au lieu de me r\u00e9galer de son irr\u00e9v\u00e9rence et de ses chiasmes insolents.<br>j\u2019aurais du examiner en d\u00e9tail les controverses avec H.Lefebvre sur la mort de l\u2019art, le romantisme r\u00e9volutionnaire, la fin du surr\u00e9alisme et faire soigneusement des fiches.<br>j\u2019aurais du lire les textes premiers de L\u2019I.S. en 1957 sur la distanciation chez Brecht, et la critique de R. Barthes \u00e9galement.<br>j\u2019aurais du lire in-extenso Lukacs et Gabel, fausse conscience, r\u00e9ification, f\u00e9tichisme et ali\u00e9nation, pour saisir le jeune Marx et les pr\u00e9mices du spectacle.<br>j\u2019aurais pu me m\u00e9fier des emballements incantatoires de M.Duras et de M.Blanchot.<br>j\u2019aurais du continuer le piano.<br>j\u2019aurais du revisiter l\u2019ineffable Stefan Lupasco, \u201cDu r\u00eave, de la math\u00e9matique et de la mort\u201d.<br>j\u2019aurais du essayer Benjamin avant Baudrillard mais \u00e0 tant que faire j&rsquo;ai opt\u00e9 pour Thomas Bernhardt.<br>j\u2019aurais du m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce que Marx appelle la \u00ab production organique \u00bb, je m\u2019y serais retrouv\u00e9 et mieux compris \u201cne travaillez jamais\u201d,<br>j\u2019aurais du trouver un passage souterrain entre H.Hesse et Victor Hugo, la forge de Giliatt et le jeu des perles de verre.<\/p>\n\n\n\n<p>j\u2019aurais du voler le baiser que me tendit Jenny Hecht en 1968 un jour de vent \u00e0 Avignon.<br>j\u2019aurais du cesser de m\u2019enivrer dans les ruines circulaires de Borg\u00e8s et les maelstr\u00f6ms de Poe.<br>j\u2019aurais du assassiner les troupes ennemies, \u00e7a m\u2019aurait mis du plomb dans la t\u00eate, mais je suis rest\u00e9 l\u00e9ger comme une aile de cigale, selon le v\u0153u de ma m\u00e8re assur\u00e9ment, elle qui savait d\u00e9chiffrer les nuages qui passent et les sonates de Beethoven..<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aurais du prendre la psychanalyse au s\u00e9rieux avant d\u2019en devenir le sujet, au lieu de me focaliser sur les notes de bas de page de Lacan, l\u00e0 o\u00f9 pointent, entre autres, les \u201cAnamorphoses ou Perspective curieuses\u201d, de Jurgis Baltru\u0161aitis.<br>J\u2019aurais du toujours tout remettre au lendemain,<br>\u00e7a rend immortel.<br>J\u2019aurais jamais du oublier d\u2019oublier.<br><br>20\/1\/2021 JMP<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h3><br>Chim\u00e8res \/ 2010 \/ 2021 \/ Arles<\/h3>\n\n\n\n<p>Je suis certain d\u2019un point de vue de l\u2019ombre<br>J\u2019aime faire de la lumi\u00e8re<br>Lumi\u00e8re qui se d\u00e9place express\u00e9ment et vite<br>Si vite qu\u2019on n\u2019y voit pas le temps passer.<br>Et qui permet de baliser<br>essentiellement \u00e0 toute fin,<br>l\u2019endroit o\u00f9 elle sombre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aime les instants irr\u00e9versibles et leur poussi\u00e8re d\u2019incons\u00e9quence, <br>juste \u00e0 temps, in extr\u00e9mis.<br>J\u2019admire les amis et camarades qui attisent les braises de leur utopie, <br>seuls face au L\u00e9viathan.<br>Je glisse sur les ailes du temps, le son d\u2019une allumette \u00e0 l\u2019\u00e2me.<br>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00abtout perdu\u00bb cent fois,<br>de ce tout qui fut jadis,<br>un \u00abpresque rien\u00bb parachev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Oh! s\u2019\u00e9parpiller dans la parole,<br>mais silencieuse,<br>hors de l\u2019attente,<br>hors de toute atteinte,<br>hors de toute entente.<\/p>\n\n\n\n<p>Je mens \/ je crois \/ c\u2019est \u00e9gal.<br><br><br>2003\/2021\/JMP<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/books\/companieros2026 all ecran X3 web .pdf\">(version mini-book en pdf)<\/a><br><\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center\">commentaires<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">envoyer un Mail<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n<div class=\"wpforms-container wpforms-container-full\" id=\"wpforms-2815\"><form id=\"wpforms-form-2815\" class=\"wpforms-validate wpforms-form wpforms-ajax-form\" data-formid=\"2815\" method=\"post\" enctype=\"multipart\/form-data\" action=\"\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2\" data-token=\"f1d0c1268ada2bbdda3f6e30ba751a7e\" data-token-time=\"1776945452\"><noscript class=\"wpforms-error-noscript\">Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.<\/noscript><div class=\"wpforms-field-container\"><div id=\"wpforms-2815-field_1-container\" class=\"wpforms-field wpforms-field-name\" data-field-id=\"1\"><label class=\"wpforms-field-label\" for=\"wpforms-2815-field_1\">votre nom <span class=\"wpforms-required-label\">*<\/span><\/label><input type=\"text\" id=\"wpforms-2815-field_1\" class=\"wpforms-field-medium wpforms-field-required\" name=\"wpforms[fields][1]\" required><\/div><div id=\"wpforms-2815-field_2-container\" class=\"wpforms-field wpforms-field-email\" data-field-id=\"2\"><label class=\"wpforms-field-label\" for=\"wpforms-2815-field_2\">votre Email <span class=\"wpforms-required-label\">*<\/span><\/label><input type=\"email\" id=\"wpforms-2815-field_2\" class=\"wpforms-field-medium wpforms-field-required\" name=\"wpforms[fields][2]\" spellcheck=\"false\" required><\/div><div id=\"wpforms-2815-field_4-container\" class=\"wpforms-field wpforms-field-textarea\" data-field-id=\"4\"><label class=\"wpforms-field-label\" for=\"wpforms-2815-field_4\">votre message<\/label><textarea id=\"wpforms-2815-field_4\" class=\"wpforms-field-small\" name=\"wpforms[fields][4]\" ><\/textarea><\/div><\/div><!-- .wpforms-field-container --><div class=\"wpforms-recaptcha-container wpforms-is-recaptcha wpforms-is-recaptcha-type-v2\" ><div class=\"g-recaptcha\" data-sitekey=\"6Le8uEkUAAAAABVvruQ0jKhNoPw4UQCChaSoQJ6P\"><\/div><input type=\"text\" name=\"g-recaptcha-hidden\" class=\"wpforms-recaptcha-hidden\" style=\"position:absolute!important;clip:rect(0,0,0,0)!important;height:1px!important;width:1px!important;border:0!important;overflow:hidden!important;padding:0!important;margin:0!important;\" data-rule-recaptcha=\"1\"><\/div><div class=\"wpforms-submit-container\" ><input type=\"hidden\" name=\"wpforms[id]\" value=\"2815\"><input type=\"hidden\" name=\"page_title\" value=\"\"><input type=\"hidden\" name=\"page_url\" value=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2\"><input type=\"hidden\" name=\"url_referer\" value=\"\"><button type=\"submit\" name=\"wpforms[submit]\" id=\"wpforms-submit-2815\" class=\"wpforms-submit\" data-alt-text=\"Envoi\" data-submit-text=\"envoyer le Message\" aria-live=\"assertive\" value=\"wpforms-submit\">envoyer le Message<\/button><img src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/plugins\/wpforms-lite\/assets\/images\/submit-spin.svg\" class=\"wpforms-submit-spinner\" style=\"display: none;\" width=\"26\" height=\"26\" alt=\"Chargement en cours\"><\/div><\/form><\/div>  <!-- .wpforms-container -->\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Agir en ne faisant voluptueusement rien, r\u00e8gle du jeu Lors des \u201cencieros\u201d de Saint-R\u00e9my de Provence dans les ann\u00e9es 80, les plus jeunes, les \u00abattrapa\u00efres\u00bb couraient derri\u00e8re le taureau \u00e0 la corde pour tenter de l\u2019immobiliser. D\u2019autres habitants du village, plus madr\u00e9s et de conditions sociales tr\u00e8s diverses, agglutin\u00e9s sur un massif de fleurs au<a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/sample-page\/\">[&#8230;]<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"template-fullwidth.php","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2"}],"collection":[{"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2"}],"version-history":[{"count":257,"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3768,"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2\/revisions\/3768"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}