{"id":2951,"date":"2023-08-22T05:14:08","date_gmt":"2023-08-22T05:14:08","guid":{"rendered":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/?p=2951"},"modified":"2023-08-26T04:34:18","modified_gmt":"2023-08-26T04:34:18","slug":"bernard-lubat-au-theatre-des-carmes-2023","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/2023\/08\/22\/bernard-lubat-au-theatre-des-carmes-2023\/","title":{"rendered":"Bernard Lubat solo, carte et territoires, au Th\u00e9\u00e2tre des Carmes, avril 2023"},"content":{"rendered":"\n<p>Deux espaces cubiques. Au fond, le mur d\u00e9cr\u00e9pi du Th\u00e9\u00e2tre des Carmes surplombe la sc\u00e8ne et son manteau. Lieu vernaculaire, celui de la langue du po\u00e8te Andr\u00e9 Benedetto. A l&rsquo;origine cet espace \u00e9tait ferm\u00e9 aux yeux des spectateurs par un autre mur qui faisait office d&rsquo;\u00e9cran de cin\u00e9ma. Les pi\u00e8ces se jouaient dans le premier cube, \u00e0 m\u00eame le ciment du sol, acteurs et spectateurs entrem\u00eal\u00e9s. Dans le second cube, invisible, au milieu d&rsquo;un fourbi de d\u00e9cors et costumes se trouvait un vieux piano \u00e0 queue d\u00e9glingu\u00e9 avec lequel on faisait de la musique concr\u00e8te de nuit en grattant les cordes de basse. Maintenant, apr\u00e8s que l&rsquo;\u00e9cran eut \u00e9t\u00e9 crev\u00e9, on a un vrai th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;italienne, avec une salle emplie de fauteuils rouges et une sc\u00e8ne en ch\u00eane massif. Au fond, le mur d\u00e9cr\u00e9pi reste gardien du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>15 avril 2023, Bernard Lubat a pos\u00e9 en bord de sc\u00e8ne les objets du d\u00e9lit, ses iles, \u00e9quitables, une batterie \u00e0 gauche, un micro sur pied, une petite table couverte d&rsquo;instruments en plastique, un accord\u00e9on avachi sur une chaise pliante, un autre micro, une plaque de t\u00f4le r\u00e9fl\u00e9chissante couverte d&rsquo;\u00e9critures blanches, \u00e0 droite. Au centre du circuit, un peu en retrait, un piano \u00e0 queue Steinway noir brillant surmont\u00e9 de trois po\u00eales \u00e0 frire. Quelques lampes de chevet \u00e9clairent le tout. <br><br>L&rsquo;acteur-auteur entre avec ce l\u00e9ger balancement qui deviendra swing quand il atteindra le bout de ses doigts. Pour l&rsquo;heure ce sont les mots, un long pr\u00e9liminaire de mots, dans la g\u00e9henne des mots, puis le liminaire, puis le prologue et tout ce qui s&rsquo;en suit. Dans une langue qu&rsquo;il qualifie de \u00ab\u00a0poi\u00eblitique\u00a0\u00bb, ou le lapsus est g\u00e9n\u00e9rateur de sens, Lubat d\u00e9tache les \u00e9clairs d&rsquo;une conscience insomniaque, assidument, avec une \u00e9locution claire, dans un tempo que rien ne semble pouvoir interrompre. R\u00e9futation de la virtuosit\u00e9 savante des chiens de cirque, des palmes, des flagorneries et des exploitations marchandes. Toujours dans un espace li\u00e9 entre voir et dire, entre marteau et enclume. Le glissements des sens, Edouard Glissant sans glissando, Deleuze, F\u00e9lix, Guattari, les signifiants vides &#8230;<br>Au bout de quarante minutes la suite aphoristique \u00e0 fait son chemin, toujours sans la moindre m\u00e9lodie, mais suivant un rythme de marcheur pour acte \u00e9pique. <br>Travers\u00e9e de la sc\u00e8ne, pose de l&rsquo;accord\u00e9on \u00e0 terre, le\u00e7on de chant. Du vagissement au chant, du borborygme \u00e0 la vocalise, le commencement de la m\u00e9lop\u00e9e, le cazou au bec.<br>Finalement, c&rsquo;est un long pr\u00e9lude amoureux, travers\u00e9 de contre-temps, d\u00e9jou\u00e9, une attente \u00e9rotique. Une lente approche. La lecture des notes avant de jouer des notes. L&rsquo;extase, \u00e7a se m\u00e9rite, l\u2019app\u00e9tit venant avec un peu d&rsquo;exercice vocal. <br><br>A pas mesur\u00e9s, direction piano.<br>Quatre s\u00e9quences de cordes frapp\u00e9es.<br>Lubat est un sismographe branch\u00e9 sur son magma int\u00e9rieur avec des antennes en surface, genre \u00e9tat d&rsquo;urgence, les neurones directement connect\u00e9s aux mains. La pudeur est un manteau froid qui g\u00e9n\u00e8re des pressions \u00e9ruptives.<br>Alors quand on peut entendre sa propre pens\u00e9e entrer en r\u00e9sonance, d\u00e9pouill\u00e9e de ses it\u00e9rations contenues &#8211; des fulgurances  &#8211;  emballements et replis &#8211; explosion combinatoire du sens &#8211; tachycardie de l&rsquo;\u00e2me &#8211; syncopes de l&rsquo;oubli &#8211;  alors l&rsquo;\u00e9quation se r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression &#8211; devient irr\u00e9ductible &#8211; d&rsquo;o\u00f9 ce sentiment de pl\u00e9nitude &#8211; mais que tout aveu ou cons\u00e9cration vont disloquer. Orph\u00e9e, ne te retourne pas!<br><br>Puis l&rsquo;accord\u00e9on, piano \u00e0 bretelles, vient s&rsquo;harnacher au corps du r\u00e9cit.<br>L&rsquo;objet chromatique saisi d&rsquo;une main, agonisant de l&rsquo;autre jusqu&rsquo;au sol, il produit un g\u00e9missement, un accord soutenu, et de l\u00e0 surgit alors le cri. Un infracassable hurlement de b\u00eate du Vacar\u00e8s, le long mugissement d&rsquo;un taureau minotaure.<br>Quand Bernard se d\u00e9place physiquement ou quand il brame \u00e0 l&rsquo;accord\u00e9on, je peux voir surgir Orson Welles dans Falstaff, une Jeanne Moreau coquine lui tirant la barbe.<br>Dans le \u00ab\u00a0danseur des solitudes\u00a0\u00bb, Georges Didi-Huberman qualifie le danseur Israel Galvan de \u00ab\u00a0danseur des arr\u00eats\u00a0\u00bb. Il le compare, avec l&rsquo;aide de Bergamin, aux toreros Belmonte et Joselito sur des figures syntaxiques communes. Le \u00ab\u00a0remate\u00a0\u00bb (rematar), faire de l&rsquo;arr\u00eat une figure, et le \u00ab\u00a0temple\u00a0\u00bb (templar), l&rsquo;art du ralentissement et de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci ne parlera qu&rsquo;aux aficionados, mais Bernard Lubat est \u00e0 la fois le taureau et le torero. Il se tor\u00e9e lui-m\u00eame, avec ces m\u00eames figures. Peut-\u00eatre est-il plus danseur qu&rsquo;il n&rsquo;y parait. C&rsquo;\u00e9tait un sujet de conversation quand nous marchions lentement en plein cagnard un \u00e9t\u00e9 de 2006, du Th\u00e9\u00e2tre des Carmes \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Sade o\u00f9 il jouait avec Andr\u00e9 Benedetto l&rsquo;implosion de Cl\u00e9ment V. Confront\u00e9 au ravissement, le ravisement comme figure de style est-\u00e9thique, rem\u00e8de irr\u00e9m\u00e9diable \u00e0 la mort. <br>Je convoque l&rsquo;autoportrait de Rembrandt \u00e0 la ronde de nuit, juste pour la forme. C&rsquo;est bien un autoportrait de l&rsquo;acteur dessinant sa carte et son territoire au milieu des humains, auquel nous assistons. Les silences et les pauses en sont les fronti\u00e8res trac\u00e9es au rasoir. Les balles de ping-pong qui tintinnabulent sur les cordes du Steinway, les canettes de soda froiss\u00e9es qui swinguent, une moulinette en plastique, c&rsquo;est encore du Lubat et dans le silence d&rsquo;avant les mots, la glossolalie fait ses arp\u00e8ges. <br>Le coup de batterie, un tour de force. Deux grosses baguettes de clown pour dire, attention, voil\u00e0 un num\u00e9ro de cirque impos\u00e9, magistral, poum, entre parenth\u00e8ses, tchac.<br>Et pour commencer de finir, deux exercices encore assis face au clavier. Le premier avec fl\u00e9chettes ping sur po\u00eale \u00e0 frire, et le dernier en chanson r\u00e9volue, \u00ab\u00a0avec le temps\u00a0\u00bb, l\u00e9o Ferr\u00e9 &#8230; \u00ab\u00a0avec le temps, va, tout s&rsquo;en va &#8230; et l&rsquo;on se sent tout seul peut-\u00eatre, mais peinard&#8230;\u00a0\u00bb<br><br>A cet instant, une esquisse de fin s&rsquo;est faufil\u00e9e, <br>mais le miroir, intact, faisant signe en dernier, il faudra bien finir de commencer.<br>Dans la cuisine sonore de Bernard Lubat, on a vu souvent enclumes, t\u00f4les suspendues, ailes de voitures et pare-chocs qui vont crisser ou \u00eatre frapp\u00e9s de stupeurs arithm\u00e9tiques.<br>Mais ici ce miroir n&rsquo;en est pas un, c&rsquo;est une plaque de r\u00e9flexion inoxydable, couverte d&rsquo;\u00e9critures blanches, \u00e0 travers lesquelles filtre dans le vide des mots, le visage de l&rsquo;acteur-auteur, page blanchie au pinceau, palimpseste en n\u00e9gatif, interminable repeint. Il est habit\u00e9 par quelque diable venant r\u00e9clamer son d\u00fb au docteur Faust. Mais qui de l&rsquo;acteur ou de l&rsquo;auteur est le malin ? Dans ce th\u00e9\u00e2tre la question fut pos\u00e9e en son temps.<br><br>L&rsquo;acteur se ravise, se confronte \u00e0 l&rsquo;objet sp\u00e9culaire, le saisit \u00e0 bras le corps pour lui faire rendre gorge, le secoue comme un prunier, le sature de r\u00e9ponses sans question, disparait dans son ombre, questionne encore, d\u00e9tache l\u2019\u0153il de l&rsquo;auteur de son orbite et fait parler la mort insatiable. <br><br>A la fin de tout, la carte est dessin\u00e9e. Une biblioth\u00e8que de Babel avec des pays qui se touchent se chevauchent et se brouillent, l&rsquo;alphabet des paroles et des mots-dits, l&rsquo;infinie variation des 27 signes de l&rsquo;\u00e9criture, le son des coups de patte, le registre intemp\u00e9rant du clavier bien temp\u00e9r\u00e9, l\u2019id\u00e9ogramme des corps, le catalogue des regrets et le chant des baleines. <br>Le territoire, plus vaste, c&rsquo;est l&rsquo;Histoire.<br>Cartographie inachevable d&rsquo;un testament de conscience avec un gros nez rouge. <br><\/p>\n\n\n\n<p>La boucle du marathon express aller-retour sans retour est ainsi close. Acte unique, aust\u00e8re, ext\u00e9nu\u00e9, irr\u00e9ductible, non duplicable, sans suite imm\u00e9diate envisageable, frang\u00e9 d&rsquo;effacement. <br>Dans ce th\u00e9\u00e2tre j&rsquo;ai eu quelquefois ce vertige, l&rsquo;espace d&rsquo;un r\u00e9cit avec Benedetto, quand l&rsquo;acteur-auteur se consume au millim\u00e8tre jusqu&rsquo;au dernier souffle au c\u0153ur. Avec le temps et contre-temps. Ici les murs ont peut-\u00eatre encore des oreilles en forme de radar pour entendre entre dire et voir. <br>Bernard, tu as jou\u00e9 tes notes bleues et tes notes de bas de page tr\u00e8s exactement sur le clavier de mon \u0153il d&rsquo;oiseau r\u00e9tif. Cela m&rsquo;a fait du bien. Merci.   <br><\/p>\n\n\n\n<p>JMP 22\/08\/23<br> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>\u00ab\u00a0Cela commen\u00e7a sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines m\u00eame quand, la fanfare tournant, nous serons rendu \u00e0 l&rsquo;ancienne inharmonie. \u00d4 maintenant, nous si dignes de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite \u00e0 notre corps et \u00e0 notre \u00e2me cr\u00e9\u00e9s : cette promesse, cette d\u00e9mence ! L&rsquo;\u00e9l\u00e9gance, la science, la violence ! On nous a promis d&rsquo;enterrer dans l&rsquo;ombre l&rsquo;arbre du bien et du mal, de d\u00e9porter les honn\u00eatet\u00e9s tyranniques, afin que nous amenions notre tr\u00e8s pur amour. Cela commen\u00e7a par quelques d\u00e9go\u00fbts et cela finit,&nbsp;\u2014&nbsp;ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette \u00e9ternit\u00e9,&nbsp;\u2014&nbsp;cela finit par une d\u00e9bandade de parfums&#8230;\u00a0\u00bb <br>Arthur Rimbaud &#8211; Matin\u00e9e d&rsquo;ivresse<\/em><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<h2><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/bernard-lubat-solo-images\/\">images<\/a><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/bernard-lubat-solo-images\/\"><img loading=\"lazy\" width=\"1920\" height=\"1282\" src=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/NIK3831lubat_carmes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3010\" srcset=\"http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/NIK3831lubat_carmes.jpg 1920w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/NIK3831lubat_carmes-300x200.jpg 300w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/NIK3831lubat_carmes-768x513.jpg 768w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/NIK3831lubat_carmes-1536x1026.jpg 1536w, http:\/\/aaria-tv.com\/wpzeri\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/NIK3831lubat_carmes-750x500.jpg 750w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>  <br>  <br><em>Annonce du spectacle par <em>La Compagnie Lubat<\/em><br><br>\ud835\udde6\ud835\uddd4\ud835\udde0\ud835\uddd8\ud835\uddd7\ud835\udddc \ud835\udfed\ud835\udff1 \ud835\uddd4\ud835\udde9\ud835\udde5\ud835\udddc\ud835\udddf \ud835\udfed\ud835\udff5\ud835\udddb<br>\ud835\udde0\ud835\udde8\ud835\udde6\ud835\udddc\ud835\uddd6\ud835\uddd4\ud835\udddf\ud835\uddd8\ud835\udde0\ud835\uddd8\ud835\udde1\ud835\udde7 \ud835\udde3\ud835\uddd4\ud835\udde5\ud835\udddf\ud835\uddd4\ud835\udde1\ud835\udde7<br><\/em>\ud835\ude3e\ud835\ude64\ud835\ude63\ud835\ude58\ud835\ude5a\ud835\ude67\ud835\ude69\ud835\ude56\ud835\ude63\ud835\ude58\ud835\ude5a \ud835\ude50\ud835\ude5c\ud835\ude5a\ud835\ude68\ud835\ude69\ud835\ude5e\ud835\ude58\ud835\ude6a\ud835\ude61\ud835\ude5a\u0301\ud835\ude5a \ud835\ude59\ud835\ude5a \ud835\ude3d\ud835\ude5a\ud835\ude67\ud835\ude63\ud835\ude56\ud835\ude67\ud835\ude59 \ud835\ude47\ud835\ude6a\ud835\ude57\ud835\ude56\ud835\ude69<em><br>(Concert\/conf\u00e9rence\/Concomitance)<br>Jusqu\u2019o\u00f9 \u00e7a commence le commencement.<br>Humeur humour humanit\u00e9 humidit\u00e9<br>2 heures sur le fil de l\u2019impro-spective\u2026<br>La musique \u00e0 vivre en libert\u00e9 libre\u2026<br>Les mots dits pour le dire et redire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br>  <br>  <br>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;acteur-auteur entre avec ce l\u00e9ger balancement qui deviendra swing quand il atteindra le bout de ses doigts. 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